Analyse
Fusions dans le câble et les télécoms ? il y a 3 ans - mercredi 19 février 2014

Comment l’investisseur doit-il prendre position face à ce mouvement de consolidation ?

Le mouvement n’est pas une raison de se focaliser sur des investissements dans le secteur. De manière globale, mieux vaut investir dans des actions solides trop pénalisées en Bourse.
Utilisez
notre sélecteur

 

Le projet de fusion géante entre les n° 1 et 2 américains du secteur du câble, Comcast et Time Warner Cable, a fait récemment les gros titres de la presse. Aux Pays-Bas, un projet similaire est en cours entre Ziggo et UPC, orchestrée par leur actionnaire principal, l’américain Liberty Global (également actionnaire majoritaire de Telenet). Un feu vert des autorités européennes pourrait accélérer les mouvements de consolidation au sein du secteur télécom européen, encore trop fragmenté.

Car en matière de fusions et acquisitions, le son de cloche est différent des deux côtés de l’Atlantique. Aux USA, la création de géants a toujours été encouragée. Un climat des affaires propice à la croissance des entreprises qui, parmi d’autres critères, contribue à la bonne performance des indices boursiers. Sur les cinq dernières années, le S&P500 a ainsi progressé de 18,4 % par an en moyenne (en euro, dividendes réinvestis), contre 11,7 % pour l’indice EuroStoxx50. En Europe, alors que les entraves aux fusions et acquisitions sont déjà plus lourdes (cultures, langues et réglementations différentes), les autorités sont aussi plus tatillonnes. Le maintien d’au moins quatre opérateurs télécoms dans chaque pays semble ainsi être la règle tacite, alors qu’aux USA, les deux leaders AT&T et Verizon se partagent 75 % du marché.

Mais depuis quelques mois, le ton se veut plus conciliant en Europe, e.a. par rapport à la consolidation du secteur télécom, indispensable au vu des investissements colossaux requis pour améliorer les infrastructures. Un feu vert de l’Europe à la fusion entre Ziggo et UPC et/ou au rachat de E-Plus, filiale allemande de KPN, par Telefónica serait un signe positif à même d’accélérer les rapprochements entre opérateurs et de redynamiser leurs résultats.

D’autres secteurs encore fragmentés, comme les gestionnaires d’actifs (fonds, sicav,…), pourraient aussi profiter d’une attitude plus conciliante de l’Europe à l’égard des fusions transfrontalières. Mais cela reste hypothétique. Et rien n’indique que les opérations dans ces autres secteurs se feront à de bonnes conditions pour l’actionnaire individuel.


Partagez cet article