Analyse
Investir dans les machines à cash il y a 3 ans - vendredi 7 mars 2014

Les sociétés qui génèrent beaucoup de cash sont-elles aussi celles qui affichent de bons résultats, sans trop de risque ?

Générer de grosses et régulières liquidités

La liquidité générée, c’est la différence entre les rentrées et les sorties de liquidités liées à l’activité (aussi appelée excédent de trésorerie ou cash-flow). Elle diffère du bénéfice net. Ainsi, si l’usure des machines, comptabilisée en tant qu’amortissement, vient réduire le bénéfice, vu qu’il ne s’agit pas d’une réelle sortie de trésorerie, elle ne réduit pas l’excédent de trésorerie.

Quelles sociétés ?

Les sociétés générant de grosses liquidités peuvent se trouver dans la plupart des secteurs, mais se concentrent néanmoins dans quelques-uns (énergie, biens de consommations, alimentation, haute technologie...). Si elles génèrent beaucoup de liquidités, c’est parce qu’elles pratiquent des prix de vente avantageux, qu’elles peuvent imposer, grâce à leur position dominante. Elles sont souvent capables de tenir la concurrence à distance et de défendre leurs marges. Certaines, qui se sont imposées par leur technologie (Microsoft dans les logiciels) ou par leur capacité d’innovation (Apple), protègent leur marché par des brevets. D’autres ont grossi par acquisitions pour renforcer leurs positions (Pernod Ricard, LVMH…).

Avantages

Le cash généré permet aux sociétés de :
– maintenir leur endettement à un niveau sain
– financer des acquisitions pour s’étendre dans de nouveaux pays ou asseoir leur encrage où elles sont déjà présentes
– distribuer du cash aux actionnaires (dividendes, rachat d’actions) et être ainsi moins risquées pour l’actionnaire.

Pas sans risque

Rester générateur de cash n’est pas aisé. Ces sociétés courent le risque de s’installer dans un certain confort et de ne pas voir une nouvelle concurrence émerger, de ne pas utiliser suffisamment leurs moyens pour se réinventer à temps (Nokia et Blackberry ont laissé passer le train des smartphones); elles peuvent être pénalisées par des éléments externes ou légaux (pour les sociétés des télécoms, longtemps considérées comme gros générateurs de cash, les revenus ont souffert de la régulation, des baisses de tarifs imposées et de la concurrence); enfin, l’usage de prix de vente élevés peut éloigner une partie de la clientèle (Diageo a des difficultés à maintenir certains prix).

Critère d’achat ?

Le fait de générer de copieuses liquidités est un indicateur important de la solidité d’un groupe et de la pertinence de sa stratégie. Il entre dans nos critères d’évaluation, mais il n’est pas d’office une raison d’acheter, car il n’est pas rare que le cours de ces sociétés soit exagéré.

Parmi les actions que nous conseillons, voici celles qui sont des machines à cash

Bell dégage une forte rentabilité, maîtrise l’essentiel de sa chaîne de production; en 2012, a rationnalisé son portefeuille de marques et augmenté ses synergies avec ses activités en dehors de la Suisse.
Chevron : son matelas de cash et ses positions fortes permettent de maintenir les rachats d’actions et les hausses du dividende.
National Grid domine le marché britannique de l’électricité et profite des revalorisations tarifaires accordées par l’Etat.
Repsol envisage de céder sa participation dans l’argentin YPF et doit relancer sa croissance.
General Electric profite du dynamisme du marché des équipements industriels et de la santé.
BME ne souffre pas trop de la concurrence des plateformes alternatives, reste en quasi-monopole sur la Bourse de Madrid et peut donc bien rémunérer ses actionnaires.
Bpost domine le marché belge des envois postaux, jouit de saines finances et peut payer un beau dividende (rendement de 5,6 % net).
EVS est un acteur majeur de la production audiovisuelle dans le sport; son marché est peu sensible aux prix pratiqués (qui sont peu de chose face au coût des droits de diffusion). Malgré les investissements consentis pour pénétrer d’autres marchés, EVS paie de généreux dividendes.
AT&T profite du renforcement de son offre dans le mobile (tablettes) et domine toujours le marché aux USA.
Accenture a une position forte sur le marché du conseil aux entreprises (en croissance) et y renforce son offre.
Apple bénéficie de la fidélité de sa clientèle et de son image de marque; elles lui permettent de conserver des marges élevées et un gros matelas de liquidités.
CSC sort d’une restructuration qui lui permet de générer davantage de liquidités et bénéficie d’une marge pour augmenter son dividende.
Intel se diversifie dans le mobile pour répondre à la baisse des ventes de PC.
Sage améliore ses services aux petites entreprises (très fidèles) et procède peu à peu à son internationalisation.
Texas Instruments s’est recentré sur ses actifs les plus rentables et a doublé son dividende en l’espace de deux ans.

 

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