Analyse
IPO de King Digital Entertainment il y a 3 ans - jeudi 20 mars 2014

Les opérations de rachat/revente dans le secteur technologique se multiplient. La prochaine introduction en Bourse est celle de King Digital Entertainment, concepteur du jeu Candy Crush.

Avec les effets de mode et l’engouement des investisseurs, l’offre est insuffisante lors de telles IPO. Les actionnaires de référence de King Digital l’ont compris et en profitent pour se délester à prix inespérés de leurs paris du passé. Mais si nul ne sait dire quand la bulle explosera, elle le fera !
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Certes, depuis sa création en 2012, le célèbre jeu pour smartphones et tablettes Candy Crush a été téléchargé plus de 500 millions de fois!
Mais une fois de plus, la valorisation retenue pour l’introduction en Bourse de son concepteur donne le vertige. Certes, King Digital est bénéficiaire, mais les 7,6 milliards de dollars que pourrait atteindre sa capitalisation boursière lors de sa première cotation (26/03) représentent déjà quatre fois ses ventes de 2013. Et celles-ci ont été multipliées par 11 en 2013, dopées par Candy Crush, qui a assuré 78 % des rentrées, mais qui est déjà sur le déclin (au dernier trimestre 2013, le nombre de joueurs affichait un recul trimestriel de 6 %, rabotant ainsi les bénéfices de plus de 7 %).

 

Les multiples payés par les souscripteurs risquent donc de se révéler très vite bien plus élevés que présentés ! Et les multiples vertigineux ne tolèrent pas la moindre déception en Bourse ! On l’a vu avec d’autres actions technologiques à la mode : Twitter ou 3D Systems affichent depuis leur pic de fin 2013, début 2014, des reculs respectifs de 25 % et 36 %. Twitter a pourtant bien terminé 2013 (ventes : +110 %) et a relevé de quasi 15 % ses prévisions de ventes 2014. Quand à 3D Systems, il table pour ses ventes 2014 sur une croissance interne de 30 %. Mais chez Twitter, la plus faible croissance du nombre d’utilisateurs actifs moyens mensuel a créé la panique (+30 % au quatrième trimestre contre +39 % au troisième). Pour 3D Systems, la cause est la baisse du bénéfice 2013 (-13 %). Rien de traumatisant en soi. Mais les valorisations initiales trop élevées le restent ! Même après correction, Twitter et 3D cotent encore à respectivement 28 et 12 fois leur chiffre d’affaires, alors que pour les 500 plus grandes capitalisations américaines ce rapport n’est que de 0,8 à 1,6 fois.

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