Analyse
Investir dans l'acier sud-coréen ? il y a 3 ans - lundi 26 mai 2014

La sidérurgie est en redressement. N’est-ce pas dès lors le moment de chercher à en profiter en misant sur diverses actions du secteur, comme par exemple l’action sud-coréenne Posco ?

Nous sommes globalement positifs pour le secteur qui a, selon nous, dépassé le point le plus bas de son cycle. Car la demande d’acier est à présent soutenue par l’amélioration de l’économie mondiale. Les atouts de l'action Posco ne sont pas suffisamment intégrés dans le cours. Le titre peut donc faire l’objet d’un achat. Mais compte tenu des risques, il est à réserver aux plus audacieux. L’action est cotée à Séoul, mais aussi aux USA (ISIN US6934831099).
Dans le secteur, nous privilégions ArcelorMittal, mieux diversifié et davantage présent dans le secteur minier, ou Schnitzer Steel industries, mieux diversifié et bénéficiant d’une meilleure position sur les marchés d’exportations.

 

Des atouts solides…

Le groupe Posco bénéficie d’une position très forte sur le marché sud-coréen. Sa part de marché y est d’environ 50 %, ce qui lui confère un certain pouvoir sur les prix. Ensuite, les perspectives de l’économie coréenne étant bonnes, la reprise économique que connaît le pays continuera de soutenir la demande locale d’acier.
Posco bénéficie des coûts de production parmi les moins élevés du marché. C’est notamment grâce à ses avancées technologiques (la technologie FINEX qu’il a développée lui permet de réduire ses coûts de production de 10 à 15 %, en utilisant du minerai de fer et du charbon de moins bonne qualité, et donc moins chers). Le coréen développe également ses capacités productives dans des pays à bas coûts ( Brésil,Vietnam, Indonésie). Ces faibles coûts lui permettent de rivaliser avec les producteurs d’acier chinois et l’ont aidé à rester rentable durant la crise. Enfin, Posco a su préserver la qualité de son bilan, contrairement à bon nombre de ses concurrents européens et américains. Son ambition est de l’améliorer encore, par des cessions d’actifs non stratégiques.

 

…mais aussi des risques

L’action Posco est cependant risquée, pour plusieurs raisons.
A moyen terme, le destin de Posco restera étroitement lié à celui de la Chine. Car la Chine absorbe à elle seule pas moins de 50 % de la production mondiale d’acier. Et le pays est le plus gros débouché des exportations de Posco. Ensuite, Posco, dépendant de ses besoins en matières premières (minerai de fer, charbon et nickel), a vu ses marges fondre avec l’envolée des prix du minerai de fer. Certes, comme d’autres sidérurgistes, il cherche à accroître son autosuffisance, en se positionnant dans la production de minerai de fer. D’ici la fin de cette année, il compte assurer lui-même la production de 50 % de ses besoins en minerai (contre 30 % fin 2013). Cela réduit le risque, mais sans le supprimer. Le groupe est aussi exposé à un risque de change car la majeure partie de son chiffre d’affaires est facturée en won sud-coréen (surévaluée par rapport à l’euro) et reste relativement exposé à l’instabilité politique de son voisin : la Corée du nord.

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