Analyse
Les investissements pétroliers ralentissent il y a 3 ans - vendredi 6 juin 2014

Après des années d’investissements pas toujours rentables, le secteur se fait plus sélectif.

Mais nous restons positifs. Certes, les taux de croissance seront plus faibles que par le passé, mais le secteur est peu risqué. Vous pouvez y investir :
– par les sicav d’actions
KBC Equity Fund Oil et SSgA Energy Index Equity Fund
– par des actions individuelles (si vous acceptez plus de risques pour un peu plus de rendement).

Achetez :

Chevron, qui prévoit une baisse de 5 % de ses investissements, mais une forte hausse de sa production et dont les investissements passés assurent une croissance future
Repsol, à qui la fin de la bataille judiciaire au sujet d’YPF va permettre de se concentrer sur sa croissance (il prévoit d’investir et en a les moyens).
BP, qui a cédé beaucoup d’actifs pour se couvrir contre les frais inhérents à la marée noire, qui doit à présent investir dans sa relance et dont le cours est trop déprimé.

Conservez :

Exxon Mobil, qui se veut très prudent, paie un dividende correct et rachète beaucoup d’actions (des atouts qui sont dans le cours).
Total, qui a effacé une partie de sa décote et dont l’implantation en Afrique et sa prudence dans ses investissement sont des atouts; le groupe a renoncé à certains projets trop coûteux (Pologne) au profit d’autres (Angola); le cours en tient compte.

 

Toujours plus de risques

Tout le pétrole « accessible » ayant été découvert, les compagnies pétrolières se tournent vers les zones inexplorées et difficiles d’accès (au Brésil, des réserves sont cachées à une profondeur de 6 km, sous une épaisse couche de sel) ou vers des zones politiquement instables (Nigeria, Lybie..). Pour accéder à ces nouvelles réserves, elles doivent utiliser de nouvelles technologies, pour lesquelles elles ne disposent pas de recul. Outre les délais qui s’allongent, les problèmes sont légion : résistance des matériaux, engorgements, etc…

 

Rendement qui s’effrite

Avec la raréfaction des réserves, le taux d’échec (découvertes de puits secs) s’accroît. Ces déconvenues sont coûteuses, compte tenu des frais de recherche engagés. Les entreprises sont dès lors de plus en plus réticentes à se lancer dans des nouvelles recherches. La hausse des coûts d’extraction (salaires, taxes, sécurité…) a fait exploser les budgets. Et comme les prix et la production stagnent, le rendement des investissements s’écroule. Celui de Royal Dutch Shell est aujourd’hui de 8 %, contre 25 % en 2005. Une tendance généralisée à l’ensemble du secteur. Sous la pression des actionnaires, les groupes pétroliers se montrent plus sélectifs dans leurs investissements, dont le rythme de croissance baisse. Alors que les résultats 2013 ont été médiocres et que 2014 n’est pas attendu en forte hausse, davantage de cash sera distribué à l’actionnaire (dividendes, rachats d’actions…).

 

Bon pour l’actionnaire

Un meilleur équilibre est en passe d’être trouvé entre investissements et retour à l’actionnaire. Certaines sociétés ont annoncé des coupes budgétaires en fonction de leur aversion au risque. Selon nous, cette rationalisation est une bonne chose, car cela imposera une meilleure sélectivité et donc un retour sur investissement plus élevé. Mais, même si le rythme de croissance sera moins soutenu, les investissements dans l’exploration-production (quasi 700 milliards de dollars en 2013) vont encore augmenter au niveau mondial, pour atteindre 750 milliards en 2014. Le potentiel de croissance du secteur n’est donc pas remis en cause.

 

Et les parapétroliers ?

Très dépendant des investissements et de la santé des sociétés pétrolières, le secteur parapétrolier a souffert des coupes budgétaires annoncées. La correction boursière n’a pas tardé. Toutefois, certaines sociétés ont été injustement sanctionnées. ION Geophysical a perdu près de 50 % en 2013 mais le groupe continue d’accroître ses commandes et sa petite taille lui permet de s’adapter plus aisément à la demande. Bien que le cours ait repris plus de 38 % depuis début 2014, vous pouvez toujours acheter si vous en acceptez la volatilité. De son côté, le cours de Tubacex continue de très bien se comporter.

 

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