Analyse
Secteur bancaire : encore de nombreux boulets ! il y a 3 ans - mercredi 23 juillet 2014

Comme en témoignent les déboires de la banque portugaise Banco Espirito Santo, près de six ans après le début de la crise financière, la situation du secteur n’est pas assainie.

Diverses contraintes empêchent les banques d’atteindre leurs objectifs.
Revenir à l’achat sur l’ensemble du secteur est déconseillé.
Au regard du risque, la décote de la moyenne du secteur est trop faible.
Si le risque ne vous effraie pas, conservez les actions bancaires que vous avez en portefeuille. Sinon, vendez.
Exception :
Barclays, que vous pouvez acheter à titre spéculatif.

 

Créances encombrantes

Le principal héritage de la crise est celui des créances douteuses. Un terme générique désignant les crédits qui ne sont plus remboursés, ou seulement partiellement ou avec retard. La crise économique et l’éclatement de la bulle immobilière ont en effet mis de nombreux ménages et entreprises dans des difficultés financières qui les ont empêchés de respecter leurs engagements.
Le stock de créances douteuses est variable d’un pays et d’une institution à l’autre mais a grossi partout et est surtout important dans les pays développés ayant connu les plus fortes récessions ou l’éclatement d’une bulle immobilière. Mais le phénomène n’épargne pas les pays émergents, où l’explosion du crédit n’a pas été assez encadrée.

 

Amendes

L’intervention des autorités pour sauver le secteur financier a ouvert le débat sur les dérives financières qui ont conduit l’économie mondiale au bord du précipice. La justice (américaine et européenne) a multiplié les enquêtes sur les fraudes des institutions. En point de mire : la vente d’instruments financiers adossés à des prêts hypothécaires à risques (subprimes), les saisies immobilières abusives aux USA, les manipulations de taux en Europe, le blanchiment d’argent, l’incitation à l’évasion fiscale, les violations d’embargos.
Ces procédures ont débouché sur de lourdes amendes, forçant les institutions à de lourdes dépenses et provisions.

 

Surveillance

Les autorités tentent d’installer des garde-fous, à commencer par le renforcement de la surveillance des institutions. La BCE a vu ses pouvoirs renforcés et scrute les comptes des banques pour vérifier leur solidité. Ces dernières doivent renforcer leurs fonds propres pour pouvoir mieux supporter les aléas financiers. Les autorités se préoccupent aussi de la distribution du crédit, pour prévenir les excès. Pour éviter la formation d’une bulle immobilière, la Banque d’Angleterre a mieux encadré l’octroi des prêts hypothécaires (les banques britanniques doivent tester la capacité des emprunteurs à supporter une hausse des taux et la part des crédits destinés aux profils fragiles est limitée).

 

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