Analyse
La justice américaine réclame 12,5 milliards d’euros à Deutsche Bank il y a un an - jeudi 29 septembre 2016

Cela concerne une affaire qui remonte à la crise des subprimes de 2008/2009.

Deutsche Bank est accusée de tromperie sur la qualité de titres liés à l’immobilier américain et vendus à des investisseurs.
Certes, pour ce dossier, la banque avait déjà inscrit des
provisions. Mais pour 5,5 milliards seulement. Elle pourrait donc devoir débourser 7 milliards de plus, alors que sa valeur boursière est de 14,5 milliards...
– Vendez vos actions s’il vous en reste.
– Vendez vos obligations et produits structurés, tant que leur cours n’a pas trop souffert.
– Limitez vos dépôts dans la banque aux 100 000 euros couverts par le
système de garantie.
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Solidité en question

Au 1er semestre, Deutsche Bank a publié son Core Tier 1 ; il était de 10,8 %, contre une moyenne de 12,2 % pour le secteur. C’est certes supérieur au minimum exigé, mais cela reste très faible. Et ce chiffre risque de se dégrader encore (en cas de détérioration des résultats…). Si cela persiste, cela pourrait affecter le cours des obligations émises précédemment par la banque. Pour l’heure, la banque conserve assez de liquidités pour faire face à ses paiements à court terme. Et le cours de ses obligations a encore peu souffert. Mais, depuis la crise bancaire de 2008, chacun sait que la situation peut se dégrader rapidement quand la confiance est altérée. Pour parer au plus pressé, la banque va sans doute à nouveau sélectionner une série d’actifs à céder. Ce 28 septembre, elle a d’ailleurs déjà annoncé la vente d‘Abbey Life (assurance-vie au Royaume-Uni). Une cession qui entraînera une perte, mais fera remonter le Core Tier 1 à 10,9 %.

 

Plan crédible indispensable

De telles cessions d’actifs sont bien accueillies par les investisseurs. Mais le processus reste fragile (la cession de Postbank est gelée, celle de Hua Xia Bank prend du retard). Une augmentation de capital pourrait dès lors être à nouveau nécessaire, pour la quatrième fois depuis 2010 (même si, pour l’heure, la direction rejette cette possibilité). Certes, une augmentation de capital, reconstituant la solidité de la banque, ferait l’affaire des obligataires. Mais si, dans le même temps, Deutsche Bank ne parvient pas à rassurer ses actionnaires, avec un plan de redressement crédible, l’augmentation de capital elle-même pourrait être menacée. Cela augmenterait le risque de défaut de paiement sur certaines obligations et pousserait à la baisse le cours de la plupart des obligations de la banque.

 

Intervention publique ?

L’Etat allemand est dans une situation compliquée. D’une part, il ne souhaite pas créer un précédent en sauvant une banque avec de l’argent public. Mais d’autre part, il voudrait mettre le pays (et toute l’Europe) à l’abri du risque financier que représenterait une faillite. Si la Deutsche Bank ne parvient pas à ramener le calme par elle-même, sans doute l’Etat interviendra-t-il finalement, mais probablement seulement après les élections d’automne 2017. Dans l’attente, l’avoir des actionnaires et des obligataires reste en danger.

 

Et les avoirs en compte ?

Deutsche Bank étant une grosse institution, il est peu probable que les autorités la laissent tomber en faillite, d’autant que son sauvetage pourrait au final coûter moins cher au contribuable allemand que les conséquences d’une faillite. Néanmoins, par prudence, voici quelques conseils pour protéger vos avoirs.
– Les avoirs chez Deutsche Bank en compte à vue, compte d’épargne, bon de caisse et compte à terme sont couverts par le système de garantie des dépôts allemand, qui prévoit une double couverture : d’abord une protection des avoirs à concurrence de 100 000 EUR par banque et par personne (qui peut être temporairement de 500 000 EUR si l’épargnant a perçu récemment le prix de vente d’un immeuble, un capital de pension…) ; ensuite une couverture organisée entre banques allemandes (mais couvrant aussi les clients belges) et revenant en théorie à garantir l’ensemble des avoirs des clients, par l’intervention d’un fonds, alimenté par une série de banques. Reste à voir si le secteur bancaire allemand pourrait mobiliser assez d’argent pour indemniser l’ensemble des déposants d’une banque telle que Deutsche Bank. Pour minimiser les risques, veillez à ce que vos avoirs dans les produits précités de la banque ne dépassent pas 100 000 EUR.
– Les avoirs en compte-titres chez Deutsche Bank (actions, fonds, obligations…) n’étant pas la propriété de Deutsche Bank, ils vous seraient rapidement restitués en cas de faillite.
– Les produits structurés (notes…) vendus par Deutsche Bank et émis par Deutsche Bank AG, ne sont pas couverts par le système de garantie. Il en va de même des obligations classiques émises par Deutsche Bank. En cas de faillite de Deutsche Bank, ces produits pourraient perdre toute ou une partie de leur valeur. Si vous en possédez, tentez de les vendre tant que leur cours n’a pas trop souffert.
– Pour les assurances-épargne commercialisées par Deutsche Bank, pas de souci : la banque n’est qu’un intermédiaire. La gamme DB For Life (Dynamic) est composée de contrats auprès de l’assureur Allianz, à qui il revient de garantir les avoirs investis.

 

Cours au moment de l’analyse : 10,82 EUR

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