Analyse
Commentaires des analystes financiers : neutres et dénués d’intérêt ? il y a un an - jeudi 13 octobre 2016

Des cas de conflits d’intérêt existent inévitablement.

La prudence est toujours de rigueur pour l’investisseur qui écoute les conseils qu’on lui donne. Les analystes de Test-Achats invest ont toutefois les mains totalement libres au moment de formuler leurs conseils en placements. L’indépendance est une valeur fondamentale de notre groupe.

 

Le 21 septembre, le cours de la société biotech française Transgène a bondi de 8 % après un avis d’achat (avec objectif de hausse du cours de 56 %…) des analystes de la banque Natixis. Une réaction qui n’a en soi rien d’étonnant pour une petite valeur peu suivie par la communauté financière. On peut toutefois douter légitimement de l’objectivité de l’étude en question au regard d’une note de bas de page qui dit ceci : « Natixis a été rémunéré par Transgène pour produire des analyses financières ».

 

Cette pratique consistant à se faire rémunérer par une société pour produire des analyses et des avis sur son action pose pour le moins question. Car comment être objectif et sûr que l’épargnant recevra le meilleur conseil dans son cas précis ? Le conflit d’intérêts semble ici manifeste, une analyse favorable ponctuée d’un avis d’achat étant forcément une bonne chose pour les deux parties. Pour Natixis, qui augmente d’autant ses chances de voir cette rémunération se prolonger, et pour Transgène, dont la capitalisation boursière a augmenté de plus de 8 millions d’euros le jour de la publication.

 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette pratique est parfaitement légale selon l’Autorité des Marchés Financiers, l’organe de régulation français. Une permissivité d’autant plus troublante que la tendance est à un durcissement de la réglementation européenne pour une plus grande objectivité des conseils en placements formulés par les institutions financières (MiFID II).

 

Face à l’extrême faiblesse des taux d’intérêt qui comprime ses marges, le monde bancaire cherche par tous les moyens des sources de financement alternatives, et tant pis si c’est aux dépens des clients. La plus grande prudence s’impose donc par rapport aux conseils de votre intermédiaire financier en matière de placements (surtout les conseils d’achat). Non pas qu’il soit malhonnête, mais parce qu’il ne fait le plus souvent que relayer les avis formulés au siège de la banque par des analystes dont l’objectivité n’est pas toujours sans faille, loin s’en faut.

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