Analyse
Faut-il investir dans l'internet chinois ? il y a 11 mois - lundi 21 novembre 2016
Les actions des ténors locaux du secteur valent-elles la peine qu’on s’y attarde ?
Non. Le secteur est cher et risqué ;
Certes, les grands acteurs de l’internet chinois sont protégés de la concurrence. Car les vedettes internationales du secteur, Facebook, Twitter et Google sont bloqués en Chine. Et leur croissance n’est sans doute pas terminée. Mais les actions de ces ténors locaux sont chères. A la moindre déception, elles seront sanctionnées. Restez à l’écart.
Pour investir dans la haute technologie, optez pour les actions moins risquées et plus solides suivantes : Intel, Corning, CA, IBM, Cisco Systems, Melexis, EVS.

ALIBABA

(Bourse de New York, 93,39 USD, risque : 4)
Alibaba est le n°1 chinois du commerce électronique. Sa plateforme d’échange met en relation acheteurs et vendeurs. Le groupe est aussi actif dans le cloud computing, les médias…..Vendez.


Alibaba a publié récemment de bons résultats trimestriels témoignant de sa force de frappe sur le marché chinois de l’e-commerce (chiffre d’affaires : +41 %, bénéfice opérationnel : +50 %). Sa position incontournable sur le marché de l’e-commerce constitue selon nous son point fort. Elle lui permet de tenir à distance la grande concurrence. Par contre, dans d’autres activités, les pertes se creusent. C’est le cas des médias ou de la téléphonie. Et nous touchons ici un des problèmes du groupe : la dispersion de ses activités. Elle ne permet pas d’améliorer la rentabilité et pourrait ainsi finir par nuire à la valorisation de l’action.
En outre, bien que les performances commerciales d’Alibaba soient spectaculaires, le groupe reste peu transparent et très complexe.
Enfin, ses pratiques comptables sont souvent décriées.

BAIDU

(Bourse de New York, 164,38 USD, risque : 4)
Baidu, c’est le Google chinois. Il est le concepteur du principal moteur de recherche en chinois et occupe 75 % du marché. Il propose aussi de la vidéo en streaming, etc. Il est quasi uniquement actif sur son marché domestique. Vendez.


Ces 5 dernières années, Baidu a signé des hausses annuelles du chiffre d’affaires et du bénéfice par action de plus de 50 %.
Mais, à l’issue d’un 3e trimestre un peu décevant, il semble que cette période de forte croissance soit révolue. Principales causes : d’une part le ralentissement économique chinois, d’autre part une réglementation locale peu conciliante avec le groupe (elle a durci les règles de publicité en ligne, principale source de revenus de Baidu).
Compte tenu des perspectives de croissance du groupe, à présent relativement faibles, tant en termes de chiffre d’affaires que de bénéfices, nous considérons que les ratios actuels de valorisation très élevés du titre ne se justifient pas. Ainsi, le ratio cours / bénéfice par action est de 30, contre 27 pour Alphabet (ex. Google), alors que Baidu a moins d’atouts : son offre est moins complète, il peine à se développer en dehors de la Chine et son développement est freiné par les autorités chinoises et leur réglementation.
Par ailleurs, le risque de l’action est très élevé, du fait de chiffres peu transparents, d’une forte influence des autorités chinoises dans la gestion du groupe et de droits de vote accaparés par d’influents actionnaires chinois.

TENCENT

(Bourse de Hong Kong ; 193,60 HKD ; risque : 4)
Tencent est spécialisé dans les services internet et mobiles (jeux en ligne, messagerie, réseaux sociaux…), dans la publicité et le paiement en ligne. Vendez.


Comme Alibaba et Baidu, le groupe Tencent s’appuie sur son large marché intérieur, protégé de la concurrence extérieure. Ces cinq dernières années, son bénéfice a grimpé de 30 % chaque année. Il mène avec succès une stratégie visant à développer son offre de services, pour monétiser le trafic via la publicité. Pour poursuivre le développement de ses activités sur mobiles, il vient de racheter l’éditeur finlandais de jeux Supercel (Clash of Clans), un marché en forte croissance en Chine. La hausse de l’action Tencent ne semble pas vouloir marquer de pause. Aussi, même en tablant sur la poursuite de la même croissance que ces dernières années (ce qui n’est pas acquis), nous considérons que le cours actuel incorpore déjà les perspectives.

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