Analyse
Swatch est-il toujours bien à l’heure? il y a 10 mois - mercredi 25 janvier 2017
Le groupe suisse a connu un retour de flamme en Bourse. Faut-il encore tabler sur son succès?

Le suisse Swatch, connu pour ses montres plates en plastique, détient aussi d’autres actifs, parfois très luxueux, dans l’horlogerie (Omega, Longines, Breguet…). Ces derniers mois, il a connu un retour de flamme en Bourse. Mais cette hausse n’est plus en rapport avec les perspectives réelles de la société?
N’ACHETEZ PAS CETTE ACTION. VENDEZ-LA SI VOUS LE DÉTENEZ.

Retour de flamme

Après avoir tutoyé les 600 CHF fin 2013 et début 2014, le cours de Swatch s’est replié à l’été 2016, à moins de 250 CHF. Mais ces derniers mois, il est reparti et s’est approché mi-janvier des 350 CHF. Comment réagir?

Succès asiatique

De 2006 à 2013, à travers ses marques de luxe, le groupe a été porté par la demande asiatique, surtout chinoise. Sur cette période, le chiffre d’affaires a été multiplié par près de 2 et le bénéfice opérationnel a plus que doublé, grâce à une bonne maîtrise des coûts.

Manque de clairvoyance

Le groupe n’a pas anticipé l’inévitable ralentissement asiatique et a investi trop massivement. Lorsque le marché chinois a marqué le pas, les coûts fixes se sont avérés trop lourds. En outre, le franc suisse s’est apprécié (la majeure partie des montres sont fabriquées en Suisse). Le bénéfice par action s’est ainsi effondré, de 35,40 CHF en 2013 à 20,10 CHF en 2015.

Optimisme exagéré

La stabilisation en Chine a ramené de l’optimisme sur le titre. Trop, selon nous. Nous n’attendons pas de miracle, pour diverses raisons.
– La Chine restant moins florissante, il est peu probable que la croissance de Swatch retrouve ses niveaux de naguère; nous misons sur 3 à 4% par an, contre une moyenne de 7% sur la précédente décennie.
– Face à la concurrence des montres connectées, plutôt que de chercher à s’adapter, Swatch se lance (en partenariat) dans la production de batteries pour véhicules électriques. Une diversification hasardeuse et coûteuse…
– Le groupe est contrôlé par la famille fondatrice (Hayek), qui détient 40% des droits de vote pour seulement 26% du capital. Ce n’est pas rassurant, compte tenu des erreurs du passé.

Nous misons sur un bénéfice par action 2017 de ±15 CHF et un rendement sur dividende de ±2% brut. Le titre n’est pas une aubaine.

Cours au moment de l’analyse : 347,80 CHF

Partagez cet article