Analyse
Ouragans outre-Atlantique : quid pour les assureurs ? il y a 10 mois - mercredi 20 septembre 2017
Une lourde incertitude entoure les pertes occasionnées. Que faire avec vos actions du secteur ?

Le pire semble avoir été évité.
Après une phase de recul, les assureurs ont repris des couleurs en Bourse.
Restez toutefois à l’écart des actions de réassureurs.
Mais parmi les assureurs, vous pouvez toujours acheter Axa, conserver Aegon, et conserver aussi Zurich Insurance pour son dividende (rendement de 6,3% brut).

Soulagement

Même si de nombreuses interrogations subsistent quant aux dégâts causés par l’ouragan Irma dans les Caraïbes et en Floride, il semble que les scénarios les plus sombres aient été évités. Un soulagement pour le secteur des assurances qui, après avoir cédé 3,3% les trois semaines précédentes et 5,1% depuis le début du mois d’août, a rebondi de 2% (en EUR) la deuxième semaine de septembre. Les pires scénarios estimaient les pertes pour le secteur à plus de 100 milliards de dollars. Mais les premières estimations font aujourd’hui état de 20 à 40 milliards de dollars (même si ce montant pourrait encore être revu à la hausse).

Conséquences financières

Les assureurs les plus touchés seront de toute évidence les acteurs locaux comme Allstate, Heritage Insurance ou Travelers. Du côté des européens, aucun grand groupe n’a encore annoncé le montant de ses pertes. L’allemand Allianz a toutefois chiffré à maximum 220 millions d’euros maximum son exposition à la tempête Harvey qui a touché le Texas fin août. Soit moins de 2% de son bénéfice opérationnel 2016. Allianz et le suisse Zurich Insurance, à travers sa filiale Farmers, seront également touchés par le passage de l’ouragan Irma en Floride. Les résultats du deuxième trimestre 2017 ont toutefois montré une amélioration de la solidité de ces assureurs et il n’y a pas de risque, selon nous, de voir les bilans fragilisés ou des appels aux actionnaires pour renforcer les fonds propres. La suspension du dividende nous semble également peu probable. Le coût lié aux inondations devrait être limité car la plupart des habitations concernées ne sont pas assurées contre ce risque.

Réassureurs

Les réassureurs européens comme Swiss Re, Munich Re ou Hannover Re subiront également des pertes, sans épuiser toutefois totalement les réserves constituées pour de tels risques. Les professionnels du secteur réunis début septembre à Monaco ne s’attendent toutefois pas à une hausse générale des tarifs de la réassurance après ces catastrophes naturelles. La sous-assurance au niveau mondial contre les catastrophes naturelles ne s’est pas résorbée ces dernières années et ils évoquent tout au plus des stabilisations de prix pour certains contrats.

Faible croissance

La faiblesse persistante des taux d’intérêt en Europe réduit la rentabilité des investissements des assureurs, au premier rang desquels figurent les obligations. Or, ce sont précisément ces investissements qui garantissent la rémunération des contrats souscrits par les assurés.

Après avoir promis des rendements plus élevés par le passé, les assureurs sont aujourd’hui tentés de prendre plus de risques et d’investir dans des actifs financiers plus rémunérateurs pour honorer leurs engagements. Seulement, la réglementation prudentielle (Solvency II) les oblige à constituer des fonds propres en fonction du risque pris, ce qui réduit la rentabilité. Les assureurs ne sont pas pour autant désarmés face à cette situation. Pour répondre à la baisse des taux ces dernières années, ils ont développé de nouveaux types de contrats en assurance-vie comme les assurances de branche 23 ou 21. Pour les premières, le risque de faible performance de l’investissement est supporté par l’assuré. Ce produit est proche d’un fonds de placements classique. Pour les secondes, le rendement reste garanti, mais à un niveau très faible.

– Pour Aegon, actif outre-Atlantique, essentiellement en assurance-vie, l’impact des catastrophes est limité; le groupe vient d’ailleurs d’améliorer sa solidité.
– Axa ne devrait pas être trop affecté par les catastrophes aux USA, où il est surtout présent en assurance-vie et gestion d’actifs. Sa solidité est en outre en hausse depuis quelques mois et il compte poursuivre ses efforts pour atteindre ses objectifs 2020.
– Zurich Insurance pourrait profiter de sa solidité retrouvée pour augmenter son dividende ou procéder à une acquisition pour dynamiser sa croissance. L’assureur n’échappera toutefois pas à l’impact des catastrophes.

Cours au moment de l’analyse : Aegon : 4,79 EUR
Axa : 24,55 EUR
Zurich Insurance : 287,10 CHF

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