Analyse
Six actions belges à acheter il y a 4 mois - jeudi 14 décembre 2017
Il reste à Bruxelles des actions dont le cours ne reflète pas la valeur. Nous vous en proposons six, plus trois autres, réservées aux audacieux.
Six actions belges à acheter

Six actions belges à acheter

De début 2017 à fin novembre, les actions belges ont dû se contenter d’un rendement de 6% en moyenne, bien loin derrière la moyenne des Bourses de la zone euro (16%). Bien sûr, quelques actions ont réalisé d’excellentes performances (Engie : +29%, ING : +18%, KBC : +20%, Umicore : +47%, GBL : +16%). Mais dans l’ensemble, la Bourse de Bruxelles n’était au top de sa forme. Les actions belges sont-elles pour autant meilleur marché qu’il y a un an ? Pas vraiment. La plupart des ratios permettant de déterminer si une action est chère ou bon marché (rapport cours/bénéfice, rendement sur dividende, rapport cours/valeur comptable) sont à des niveaux semblables, voire un peu plus élevés qu’en début d’année. On ne s’attend dès lors pas à ce que la Bourse de Bruxelles délivre un rendement supérieur aux autres Bourses ces prochaines années. Il existe toutefois quelques actions dont la marge de progression reste importante. N’oubliez pas pour autant que la première règle pour la gestion de votre portefeuille reste la diversification ! Veillez à ce que chaque action ne dépasse jamais 5% de la valeur totale de votre portefeuille.

Trois actions intéressantes pour leur dividende.
Gimv
Le holding d’investissement flamand détient un portefeuille de participations assez jeunes (beaucoup de désinvestissements ces dernières années) diversifié au travers d’une bonne cinquantaine de sociétés, situées en Belgique et dans les pays limitrophes. Gimv peut être considéré comme une alternative à un fonds de placement qui investit dans un panel de sociétés non cotées. Le holding a largement prouvé, par le passé, sa capacité à engranger de belles plus-values sur les participations revendues. Le cours est actuellement légèrement supérieur à la valeur des participations de Gimv (si on les calcule séparément et qu’on les additionne ensuite). Mais ce n’est pas un problème. Primo, c’est la marque de confiance des investisseurs dans la capacité de Gimv à acheter puis revendre avec une belle plus-value. Secundo, Gimv valorise ses participations de façon très conservatrice. Autrement dit, leur valeur réelle est probablement supérieure de quelques points et le cours de Bourse en tient compte. Tertio, les liquidités dont dispose le groupe sont le gage du maintien du dividende à court ou à moyen terme. Au cours de fin novembre, le rendement sur dividende s’élèvait à 3,4% net.

TINC
The INfrastructure Company (TINC en abrégé) investit dans des projets d’infrastructures publiques et privées (autoroutes, parcs éoliens, réseaux de fibres optiques...). Ces projets délivrent des revenus extrêmement prévisibles. Le portefeuille de TINC, amené à encore se développer, compte aujourd’hui quinze investissements en Belgique, aux Pays-Bas et en Irlande. Ici aussi, les investisseurs à la recherche de beaux rendements ont poussé le cours au-delà de la valeur des participations du groupe (estimée à 11,27 EUR par action). Pourtant, au cours de fin novembre, le rendement du dividende (estimé) était de 2,7% net. En plus, bonne nouvelle, le dividende devrait désormais évoluer parallèlement à l’inflation.

Atenor
Le promoteur belge est à la tête d’un portefeuille de projets immobiliers qui permet d’aborder sereinement les prochaines années. La direction a largement prouvé par le passé sa capacité à gérer les risques opérationnels et financiers, ce qui est la clé dans la promotion immobilière. Atenor vient de renouer avec une politique de croissance du dividende abandonnée voici six ans. La visibilité offerte par la maturité de divers projets permet de tabler sur une hausse de 2% par an pour les années à venir. Pour le prochain dividende, cela se traduit, au cours de fin novembre, par un rendement net de 3%.

Trois actions de sociétés présentes dans des activité de niche et capables de rayonner dans le monde entier grâce à leur avantage technologique.
Melexis
Melexis développe, fabrique, teste et vend des semi-conducteurs (puces électroniques) utilisés surtout par l’industrie automobile. L’entreprise est dans le top 5 de ce segment, qui lui assure quasi 90% de son chiffre d’affaires. Melexis est donc dans une situation confortable et a tous les atouts pour croître encore plus vite que le marché (même sans acquisitions !). Dans un marché automobile toujours attendu en croissance (+3 à +5% par an pour la période allant de 2017 à 2020), le nombre de semi-conducteurs embarqués ne cessera d’augmenter (sécurité, confort, environnement) et les voitures sans chauffeur devraient encore faire croître leur nombre de plus de 25% (par voiture). Le nombre moyen de puces Melexis présentes dans les nouvelles voitures est passé l’an dernier de 7 à 9 ! Dans l’immédiat, les objectifs du groupe pour l’année 2017 (ventes +12%, marge opérationnelle stable autour de 25%) seront, à notre avis, facilement atteignables.

Umicore
Umicore profite de la demande porteuse sur les trois marchés auxquels il s’adresse : le contrôle des émissions polluantes (avec les pots catalytiques), le recyclage des métaux précieux et l’électrification du secteur automobile (avec les cathodes pour batteries rechargeables). Depuis notre premier conseil d’achat, il y a deux ans et demi, le rendement est de 80%, tant les investisseurs sont soucieux de prendre pied sur le marché du développement des véhicules électriques. C’est pourtant loin d’être le seul atout de ce groupe qui entre dans un cycle de croissance soutenue qui pourrait s’étendre au-delà de 2020. D’ici là, nous misons sur une croissance moyenne du bénéfice de 14% par an.

EVS
Le spécialiste des solutions numériques pour l’enregistrement, le montage et la diffusion d’images ne brille pas de mille feux. La hausse du cours intervenue en 2016 a fondu cette année. Le nouveau cycle d’investissement des sociétés de production télévisuelle, dû à l’émergence de nouvelles technologies (4K et système IP), tarde à se matérialiser. Les producteurs hésitent face à la contraction de leurs revenus publicitaires. Ces investissements restent cependant inéluctables pour attirer les annonceurs. Si jamais la vague ne débute pas avec la prochaine Coupe du Monde de football l’été prochain, ce seront alors les JO de Tokyo en 2020 qui en verront l’avènement. En attendant, l’investisseur pourra compter sur de généreux dividendes.

Trois actions supplémentaires, pour ceux qui ont la fibre spéculatrice et sont conscients des risques.
Certaines actions, qui ont beaucoup déçu en 2017, pourraient encore faire la une de l’actualité en 2018. Elles sont plutôt bon marché mais sont particulièrement risquées : secteur en difficulté, structure financière fragile… Selon que les nouvelles seront positives ou négatives l’an prochain, leur cours rebondira sensiblement ou… s’enfoncera davantage.

Exmar
Dans le secteur maritime, temple des déconvenues boursières ces dernières années, Exmar pourrait solidement rebondir si cet armateur trouve enfin des clients pour ses barges non louées. Cela le sortirait d’une situation financière intenable vu sa lourde dette.

Agfa-Gevaert
L’érosion des ventes ne sera probablement pas encore endiguée en 2018. Mais le projet de scission des activités informatiques destinées au secteur médical, s’il se matérialise, ne manquera pas selon nous de mieux valoriser l’ensemble des activités puisqu’il favorisera la transparence et les prédispositions à de futures cessions, fusions et collaborations.

Nyrstar
Après six années dans le rouge, 2018 pourrait être l’année du retour au bénéfice. Certes, l’endettement reste trop élevé. Mais si les prix du zinc ne reculent pas trop et que la mise en service de l’usine de Port Pirie (Australie) continue de se passer comme prévu, le cours retrouvera des couleurs. C’est le credo de la direction, vu la multiplication de ses rachats d’actions à titre privé depuis le début de l’année…

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