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Les robots industriels renferment-ils d’intéressantes opportunités d’investissement ? il y a 7 mois - vendredi 5 mai 2017
Nous avons voulu en avoir le cœur net.
Les robots industriels renferment-ils d’intéressantes opportunités d’investissement ?

Les robots industriels renferment-ils d’intéressantes opportunités d’investissement ?

A l’issue de notre analyse du secteur, notre conseil est clair : il est trop tôt pour y investir !
Le secteur est sous l’emprise des spéculateurs attirés par le potentiel de croissance et l’espoir de rachats et fusions (l’allemand Kuka a déjà été racheté par le chinois Midea). Il est exagérément valorisé, risqué et volatil. Pour y investir, mieux vaut attendre que les principaux acteurs se stabilisent (les leaders d’aujourd’hui ne sont pas toujours ceux de demain) et que le marché subisse une correction.
Conservez ABB et Rockwell Automation.
Vendez Hiwin Technologies, Fanuc, Kuka et l’ETF Robo Global Robotics.

Pour produire mieux et plus

Les robots sont précieux pour augmenter la productivité de l’industrie.
– La Chine souhaite ainsi accroître très fortement ses achats de robots. Alors qu’elle ne compte encore que 0,4 robot pour 100 ouvriers, elle souhaite combler l’écart qui la sépare de ses concurrents à ce niveau (la Corée du Sud compte 4,8 robots pour 100 ouvriers, le Japon 3,1, l’Allemagne 3). Le but de la Chine est de se renforcer sur les marchés pour lesquels elle ne fait pas encore jeu égal avec l’Occident, en produisant des biens industriels plus complexes, à plus grande valeur ajoutée (voitures, avions…), de meilleure qualité et à de bonnes conditions de coûts. Car ces dernières années, ses coûts de production ont augmenté. Et le pays doit aussi penser à compenser le futur vieillissement de sa population et les pertes de bras qui s’en suivront.
– Dans les autres grandes économies, la hausse de la productivité passe aussi par l’automatisation croissante des activités.

Un secteur en essor

Les entreprises actives dans la robotique connaissent logiquement un surcroît d’activité. Ces prochaines années, selon des experts, les dépenses d’automatisation industrielle dans le monde pourraient croître en moyenne de plus de 5% par an.

Les grands acteurs

– Le secteur est dominé par de grands groupes cotés pour qui les robots ne comptent souvent que pour une part limitée de l’activité. C’est le cas de Hiwin (Taiwan), de Rockwell Automation (USA) ou encore du suisse ABB, qui vient d’acheter (pour environ 2 milliards de dollars) l’autrichien B&R, pour enrichir son offre en automates et élargir son portefeuille de clients (Nestlé, Roche…).
– Aux côtés de ces grands noms, on trouve des acteurs plus petits mais pour lesquels l’automation a un poids plus important dans le résultat, comme par exemple Fanuc (Japon) ou Kuka (Allemagne).
– Certains fonds de placement se spécialisent dans le secteur : la banque suisse Pictet a lancé l’ETF Robo Global Robotics and Automation, Axa est en passe de commercialiser son fond Axa World Funds Framlington Robotech.

Quelles perspectives ?

Pour la plupart des acteurs du secteur, chiffre d’affaires et bénéfices se développent à bon rythme. Et la rentabilité, déjà d’un niveau correct (rendement sur fonds propres de plus de 10%), devrait encore grimper ces prochaines années. Mais les besoins d’investissements peuvent faire pression sur la capacité à générer du cash, ce qui limite les chances de dividendes et/ou fragilise un peu les bilans. En outre, le secteur est très dépendant de la vigueur de l’économie mondiale et des dépenses en investissements des entreprises. Et même si nous sommes confiants pour l’économie en 2017, il faut être conscient que tout ralentissement de croissance affecterait immédiatement le secteur (ce qui le rend donc assez volatile). Il sera en outre toujours soumis à une forte concurrence (peu de barrières limitent l’émergence de concurrents). Et la concurrence chinoise va se renforcer. Enfin, les grands groupes, plus riches, sont mieux positionnés pour décrocher de nouveaux marchés que les plus petits, aux poches moins garnies. Il est éventuellement possible de participer un tant soit peu au secteur au travers de Melexis, qui est certes actif à 90% pour le secteur des voitures, mais qui réalise aussi une petite partie de ses ventes dans le secteur des robots. .

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