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Le marché de l’esthétique médicale est très juteux il y a 5 mois - vendredi 30 juin 2017
Y trouve-t-on des opportunités d’investissements ?
Le marché de l’esthétique médicale est très juteux

Le marché de l’esthétique médicale est très juteux

Le marché de l’esthétique médicale se démocratise de plus en plus, grâce notamment à de nouvelles méthodes, moins invasives. Parmi les acteurs de ce secteur qui sont cotés en Bourse, certains se distinguent. Mais pas assez pour justifier un achat de leur action.

Un marché juteux

En 2015, à l’échelle mondiale, le chiffre d’affaires global du secteur de l’esthétique médicale et chirurgicale a progressé de 8,2%. Et jusqu’en 2020, il devrait encore croître en moyenne de près de 9% par an, tiré principalement par la demande asiatique et le succès de techniques non invasives.
Les nouvelles techniques permettent en effet d’éviter les interventions chirurgicales assez lourdes (liftings, implants mammaires…), et qui font souvent peur (suite notamment au scandale éclaté France en 2010, avec les prothèses mammaires PIP). Elles permettent de plus de corriger de nombreuses imperfections de manière très précise (quasiment du photoshop…).
Ce marché reste dominé par les produits injectables, comme la toxine botulique (le fameux Botox) ou l’acide hyaluronique. A côté de cela, on voit se développer toute une gamme de produits cosméceutiques (à la croisée de la cosmétique et du pharmaceutique), disponibles uniquement auprès des professionnels de la santé (dermatologues, médecins esthétiques).

Les principaux acteurs

Parmi les acteurs des nouvelles techniques, on trouve beaucoup de sociétés de taille modeste, non cotées en Bourse (p. ex. le français Pierre Fabre). Parmi les acteurs de plus grande taille, cotés en Bourse et bien impliqués dans les nouvelles techniques, on trouve notamment :
– Allergan (n’achetez pas; conservez)
Allergan est un groupe irlandais qui fabrique le célèbre antirides Botox. Construit à coup d’acquisitions, il dispose d’un portefeuille de produits diversifié (esthétique médicale, dermatologie, gastro-entérologie ophtalmologie, neurologie, santé féminine, urologie…). Allergan est aussi présent dans la chirurgie mammaire (augmentation, reconstruction) et l’otoplastie (anomalies de l’oreille). Fin 2015, début 2016, il a fait l’objet de la convoitise de Pfizer, qui cherchait à doper sa croissance et à mettre pied en Irlande pour des raisons fiscales. Mais l’opération n’a pas abouti. Allergan a en outre vendu son activité dans les médicaments génériques à l’israélien Teva, ce qui lui a donné des moyens pour de nouvelles acquisitions, dont il dépend pour sa croissance. Mais quoi qu’il en soit, le cours reste trop élevé pour un achat.
– Ipsen (vendez)
Ipsen est un groupe français qui produit le Dysport (baptisé Azzalure dans ses indications esthétiques), une toxine botulique concurrente du Botox. Le groupe est aussi présent en oncologie, gastro-entérologie et endocrinologie. Si Ipsen vise de nouvelles indications pour le Dysport/Azzalure, sa stratégie principale est de se développer en oncologie (et aux USA).Ces dernières années, il a transformé son portefeuille de produits, alors axé sur la médecine générale (qui souffre de l’essor des génériques et de la baisse des prix), pour l’orienter vers la médecine de spécialité. Mais 70% de ses ventes sont réalisés par seulement trois produits (dont le Dysport/Azzalure). Et 11% des ventes seulement sont réalisées aux USA, premier marché au monde. Dans ce contexte, le niveau atteint par le cours est exagéré.

D’autres en profitent aussi

– Johnson&Johnson (conservez) vend du matériel et des équipements aux chirurgiens esthétiques et a fait en 2008 l’acquisition de Mentor, spécialiste des implants mammaires. Il commercialise aussi des produits grand public de soins de la peau (Neutrogena). En 2016, il a en outre racheté NeoStrata (dermo-cosmétique).
– Nestlé (conservez) a racheté à L’Oréal sa participation dans Galderma et détient ainsi totalement ce spécialiste en dermatologie esthétique et correctrice (qui avait acquis en 2011 le n°2 européen du secteur, le suédois Q-Med). Nestlé cherche à développer des solutions médicales pour la santé de la peau; Galderma commercialise l’Azzalure d’Ipsen, sous licence.
– L’Oréal (vendez) reste n°1 mondial des produits de beauté et cosmétiques, grand public ou professionnels (non médicaux). L’Oréal surfe sur la tendance des soins anti-âge (en forte croissance) en s’inspirant de techniques de médecine esthétique.

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