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Projet de réforme fiscale américain annoncé par Trump il y a un mois - mercredi 18 octobre 2017
Le cash rapatrié par les entreprises aux USA sera moins taxé ! Une mesure bonne pour qui ?
Projet de réforme fiscale américain annoncé par Trump

Projet de réforme fiscale américain annoncé par Trump

Le projet de réforme fiscale américain prévoit e.a. d’instaurer un taux de taxation réduit sur les liquidités que les multinationales rapatrieront aux USA. Une mesure qui bénéficiera surtout aux actionnaires de certains géants technologiques américains et notamment à Cisco Systems, Alphabet, Apple, Microsoft et Oracle. Cela ne remet pas en question notre position sur un investissement aux USA. Notre stratégie consacre toujours 10% à des valeurs américaines. Pour les 5 sociétés précitées, les cours ne nous semblent pas exagérés.
Achetez Cisco. Conservez les 4 autres.

Retour du cash au pays

Actuellement, lorsqu’une multinationale américaine génère un bénéfice dans un pays autre que les USA, ce bénéfice est taxé au taux en vigueur dans le pays où le bénéfice est réalisé. Si le bénéfice est ensuite rapatrié, le fisc américain prélève le différentiel entre le taux de taxation local et le taux américain (35%, un des plus élevés au monde). Conséquence : ces dernières années, les bénéfices réalisés à l’étranger par des sociétés américaines sont essentiellement réinvestis sur place (notamment par des acquisitions), ou amassés sur des comptes à l’étranger. Un cas notoire : Apple, qui a préféré emprunter pour financer ses rachats d’actions propres plutôt que de rapatrier du cash et être taxé. Pour le fisc et l’économie des USA, c’est un lourd manque à gagner. Car selon le bureau budgétaire du Congrès, ce sont environ 2 600 milliards de dollars qui sont déposés sur des comptes à l’étranger ! Et selon l’agence de notation Moody’s, ce sont 70% des liquidités détenues par les sociétés américaines non financières qui sont déposées en dehors du pays. Pour enrayer cette tendance, l’administration Trump envisage, en cas de rapatriement de liquidités détenues sur des comptes à l’étranger, de les taxer à un taux réduit de 10%, voire même moins (les détails ne sont pas encore connus). Libre ensuite aux détenteurs de ces liquidités de les utiliser à leur convenance. L’objectif est bien sûr d’inciter les entreprises américaines à réinvestir leur argent aux USA, de stimuler ainsi la croissance et de créer des emplois.

Les grands bénéficiaires de l’allègement fiscal seront les sociétés détenant des sommes importantes à l’étranger. Et il s’avère que les 5 sociétés en tête du peloton des bénéficiaires sont du secteur technologique. Apple détient à lui seul 240 milliards de dollars sur des comptes à l’étranger (93% de ses liquidités totales). Microsoft détient 122 milliards, Cisco Systems 65 milliards, Alphabet 56 et Oracle 52.

 

Si ces groupes bénéficient effectivement de la mesure et rapatrient leur argent, que feront-ils de ces liquidités ?

Vont-ils bien multiplier leurs investissements aux USA et créer des emplois, comme l’espère Trump ? Rien n’est moins sûr. En effet, lors de l’exécution d’une mesure comparable, prise en 2004 par George W. Bush, il s’est avéré que les sommes rapatriées étaient surtout utilisées pour des rachats d’actions et pour des dividendes exceptionnels. Des usages donc sans impact direct sur la croissance du pays, mais plutôt en faveur des actionnaires des sociétés concernées.

Devez-vous dès lors miser sur les sociétés qui détiennent beaucoup d’argent à l’étranger, dans l’espoir qu’une petite partie de ce trésor vous reviendra ?

Non ! En tout cas pas pour cette seule raison. Car la Bourse ayant l’habitude d’anticiper, on peut imaginer que les cours boursiers des sociétés concernées ont déjà progressé dans cette optique, depuis l’élection de Trump. En outre, il n’est pas acquis que cet argent créera toujours de la valeur pour l’actionnaire. D’une part, le risque d’acquisition dispendieuse existe malgré tout. Quant aux rachats d’actions, même s’ils ont la réputation d’être bénéfiques à l’actionnaire (parce qu’ils font grimper le bénéfice par action et que le cours peut suivre), ils ne sont pas toujours la meilleure option qu’une entreprise puisse prendre pour utiliser ses liquidités (surtout si elle rachète à un cours élevé). Il peut exister des usages plus bénéfiques à long terme (investissements…).

Entre parenthèses, le cours au moment de l’analyse + le rendement (cours + dividendes en USD) depuis l’élection de Trump.
Cisco Systems (33,47 USD;+12%). Les investisseurs sont trop frileux. Le retour de la croissance se fait attendre mais le titre a des atouts et fait partie de nos valeurs américaines favorites.
Alphabet (1007,87 USD; +24%). Les résultats sont solides mais le groupe est dans le viseur de la Commission européenne pour abus de position dominante. Le niveau de risque est dès lors de 4.
Apple (156,99 USD; +43%). Le cours est proche de son sommet historique. C’est justifié par la qualité des résultats et des perspectives.
Microsoft (77,49 USD; +31%). La transition vers le cloud computing est une réussite, en grande partie grâce à la large base de clients fidèles. Le cours tient compte des belles perspectives. 
Oracle (48,61 USD; +26%). Le groupe a amorcé avec retard sa transition vers le cloud computing mais, grâce à sa base de clients fidèles, sa rentabilité reste confortable.

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