ETF de la semaine : les terres rares
Investir dans les terres rares ?
Investir dans les terres rares ?
L’actualité géopolitique rappelle que les terres rares sont centrales dans la politique des Etats et pour la croissance des économies.
Nous restons positifs sur ce secteur très spécifique.
Pour y investir (à titre de diversification et en étant conscient des risques !), choisissez l’ETF VanEck Rare Earth and Strategic Metals disponible chez Belfius, Keytrade, Saxo…
Ces prochaines années, compte tenu des tensions géopolitiques, de la hausse des dépenses de défense et des objectifs climatiques, la demande pour les terres rares sera soutenue et les prix seront orientés à la hausse.
Cela impactera favorablement les entreprises de ce marché.
Cependant, la progression des cours restera irrégulière, avec des phases de volatilité marquée et des corrections parfois brutales.
L’exposition aux terres rares doit donc s’inscrire dans une logique de diversification, en gardant à l’esprit le caractère cyclique et géopolitiquement sensible du secteur.
Pour un profil d’investisseur diversifié, il apparaît prudent de limiter cette thématique à un poids maximum d’environ 5 % du patrimoine investi, afin de profiter du potentiel de long terme sans déstabiliser l’équilibre global du portefeuille.
Les terres rares désignent un groupe de 17 éléments aux propriétés particulières, difficiles à remplacer dans l’industrie.
Elles sont indispensables aux aimants des moteurs de véhicules électriques, aux éoliennes, aux composants électroniques, aux écrans, aux technologies de défense (radars, guidage, vision nocturne) et à de nombreuses applications médicales.
Les principales sources mondiales de terres rares restent très concentrées autour de quelques pays, avec une domination nette de la Chine. En 2024, la Chine représentait près de 70 % de la production minière mondiale de terres rares, avec environ 270 000 tonnes de production et 44 millions de tonnes de réserves estimées. Les États Unis arrivent loin derrière avec 10 à 12 % de la production.
L’actualité géopolitique récente ramène les terres rares au centre des attentions.
Les ministres des Finances du G7 et des représentants d'autres économies majeures se sont réunis il y a peu à Washington pour discuter de moyens de réduire leur dépendance à la Chine pour les terres rares.
La Chine rappelle sa position dominante en utilisant les restrictions d’exportation vers le Japon comme instrument de pression, menaçant directement les chaînes de valeur des aimants, batteries et composants électroniques avancés.
Donald Trump fait du Groenland un pivot de sa stratégie de sécurisation des ressources, voyant dans son sous-sol riche en métaux critiques une opportunité de réduire le poids de la Chine et de rebattre les cartes de la dépendance occidentale. Le sous-sol groenlandais renferme 1,5 millions de tonnes de terres rares, derrière les Etats-Unis (1,9), l’Australie (5,7), le Brésil (21) et la Chine (44).
Les terres rares deviennent un enjeu stratégique majeur pour trois raisons.
– La demande explose avec la transition énergétique et la numérisation, alors que l’offre reste contrainte.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, les besoins en terres rares pourraient doubler d’ici 2035. Or, l’ouverture de nouvelles mines prend souvent 10 à 15 ans.
– La Chine contrôle 60 à 70 % de la production minière, mais surtout 80 à 90% des capacités de raffinage et de séparation, l’étape la plus stratégique.
Cette domination donne à la Chine un levier, déjà utilisé par le passé via des quotas ou restrictions à l’exportation. Les importateurs (États-Unis, Europe, Japon) sont ainsi exposés à des risques de pénurie.
– Contrairement à leur nom, les terres rares ne sont pas réellement rares. Mais elles sont rarement exploitables à faible coût. Elles sont souvent dispersées, mélangées entre elles, et nécessitent des procédés chimiques lourds pour être séparées. L’extraction génère des déchets toxiques et soulève de fortes oppositions environnementales et sociales. Ces contraintes rendent les projets lents, risqués, avec de gros besoins de capitaux. Cela freine l’émergence d’alternatives à la Chine. Même lorsque de nouveaux gisements sont identifiés, la capacité à les transformer reste limitée à moyen terme.