Analyse
Le yuan : devise cernée d'une muraille ? il y a 7 ans - lundi 1 février 2010
La devise chinoise fait actuellement l’objet de toutes les conversations dans les milieux économiques.

Le succès des exportations chinoises à travers le monde aurait normalement dû faire grimper son cours. Mais les Chinois, voulant éviter que leurs produits deviennent moins compétitifs, ont décidé de maintenir leur devise à un niveau bon marché, en l’arrimant au dollar. Du coup, beaucoup estiment que le yuan est sous-évalué. Est-ce dès lors le moment d’y investir ?

Avantage compétitif
Sur base de nombreux critères, on peut considérer que le yuan est couplé au dollar américain à un cours fortement sous-évalué. Un cours peu élevé persistant dont les autorités chinoises cherchent à tirer parti pour stimuler leurs exportations, lesquelles sont le moteur de croissance du pays. La faiblesse de la devise permet aux produits chinois d’envahir les marchés occidentaux, où les acteurs locaux peuvent de moins en moins soutenir la concurrence.

Réévaluation stoppée
Pourtant, en 2005, la Chine avait prêté écoute à la critique des occidentaux qui lui reprochaient une concurrence déloyale. Après 11 ans d’un cours de change fixe avec le dollar (1 yuan = 0,12 dollar), il avait entamé une réévaluation progressive, jusque mi-2008, pour atteindre une hausse d’environ 20 %. Lors de l’éclatement de la crise, qui a affecté les exportations, la Chine a stoppé cette réévaluation. Depuis, elle campe sur ses positions et le yuan reste proche de 0,146 dollar. Avec le ralentissement des exportations, le pays souffre d’une énorme surcapacité de production et ne peut dès lors compter que sur sa devise pour tenter de relever les exportations et la production nationale. De plus, en 2009, le dollar a baissé face aux autres devises importantes, rendant les produits chinois encore meilleur marché (p.ex. pour les Européens). Cette situation commerciale étant dangereuse et incitant l’Europe et les Etats-Unis à plus de protectionnisme, la Chine a promis ces derniers mois d’augmenter la «flexibilité» de sa devise. En d’autres mots, de la réévaluer. La question n’est donc plus de savoir si le yuan va grimper mais quand il va le faire, et de combien.

Ne pas investir
Le yuan est sous-évalué et pourrait être réévalué. Est-ce dès lors le moment d’y investir ? Pas sûr. Tout d’abord, il faut savoir que la devise fait l’objet de nombreux contrôles de change et qu’on ne peut y investir librement et directement. Pas possible d’entrer dans une banque ou une société de Bourse et d’y acheter illico du yuan. Et il n’existe guère, sur le marché belge, de fonds qui permettraient de profiter d’une hausse du yuan. Nous avons certes repéré deux produits pouvant en tirer parti (pour autant que votre intermédiaire accepte de les vendre) : Market Vectors Chinese Renminbi/USD ETN (code CNY) et WisdomTree Dreyfus Chinese Yuan Fund (code CYB), cotant tous deux à New York. Mais nous n’y investirions pas. Car si le yuan finira bien par grimper, personne ne sait quand, ni à quelle vitesse. Par ailleurs, il grimpera par rapport au dollar, mais dans le même temps, le dollar pourrait connaître un nouveau creux face à l’euro, tant la situation budgétaire est difficile outre-Atlantique. Autrement dit, le gain obtenu d’un côté pourrait être effacé par des pertes de l’autre. Finalement, pour profiter du potentiel chinois, en étant conscient des risques qui y sont associés, le mieux est encore de passer par une sicav d’actions. Nous vous conseillons Fidelity Focus China (ISIN : LU0173614495).

Renminbi ou yuan

Quelques éclaircissements quant au nom de la devise chinoise…

On l’appelle tantôt Yuan (CNY) et tantôt Renminbi. Renminbi, qui signifie “argent du peuple”, est l’ancien nom officiel. Yuan est le nouveau nom, de plus en plus utilisé depuis que la Chine fait partie de l’Organisation mondiale du commerce. Les deux appellations restent toutefois correctes.

Partagez cet article