Analyse
Dividendes : une certaine confusion il y a 7 ans - mardi 2 mars 2010
Vous attendez un dividende de "votre" entreprise. Mais rien ne vient. Frustrant ! Que devez-vous en penser ?

Interrogations des  investisseurs partagés entre «c’est le signe que la situation est difficile et le restera encore» et «l’entreprise conserve ses liquidités, c’est une sage décision en temps de crise». Entre le souci de rémunérer l’actionnaire et celui de préserver ses liquidités, l’entreprise est prise entre deux feux.  

Dividendes : quelles informations envoyées ?
· Le rôle du dividende est plus large que la rémunération de l’actionnaire. Il est le signal envoyé par l’entreprise quant à la marche de ses affaires et donc scruté avec attention. Très schématiquement, une entreprise qui s’estime capable d’améliorer ses résultats les prochaines années augmentera son dividende. C’est le choix fait il y a quelques semaines par l’assureur Zurich Financial Services qui a augmenté de 45 % son dividende pour 2009. A contrario, l’entreprise en difficulté ou voyant les nuages s’accumuler à l’horizon sera tentée de supprimer ou de réduire son dividende pour conserver ses liquidités et renforcer son bilan.  L’allemand Daimler a annoncé que l’actionnaire sera privé de dividende au titre de 2009 compte tenu de ses piètres résultats.
· Le dividende a donc une fonction de signal. La question de son interprétation est plus délicate et dépend pour une bonne part de la situation de l’entreprise. Ainsi, quand Daimler supprime son dividende 2009 tout en affirmant vouloir en distribuer de nouveau l’année prochaine, l’investisseur doit-il en déduire que les problèmes ne sont que temporaires ? Et jusqu’où doit-il doit faire confiance à l’entreprise ? Après tout, les banques ont été jusqu’à distribuer 60 % de leurs profits avant la crise. Celle-ci a permis de découvrir que les résultats dégagés par le secteur étaient de mauvaise qualité et le niveau de dividende intenable.  

Dividende en 2009, 2010 et 2011
Au titre de 2009, les entreprises de notre sélection pour la zone euro (hors valeurs financières) paieront un dividende en recul de 16 % par rapport à 2008. Sans aller jusqu’à supprimer leur dividende comme Daimler, elles préfèrent conserver des liquidités en réserve pour mieux renforcer leurs bilans et se désendetter à l’image de Lafarge (stabilité du dividende à 2 EUR) ou de Schneider qui réduit le sien à 2,05 EUR après trois années au-dessus des 3 EUR. Pour autant que nous n’assistions pas à une rechute de l’économie, la hausse attendue du dividende se montera à 9 %  pour 2010 et à 12 % pour 2011.  

Quels rendements ?
L’investisseur désireux de recevoir régulièrement un dividende s’intéresse aux rendements des titres. Pour nombre d’entreprises, les rendements (rapport entre le dividende et le cours de bourse) de 2009 n’ont plus grand chose à voir avec ceux de l’année dernière. Soit leur dividende a été largement raboté comme pour la Société Générale (de 1,1 à 0,25 EUR), soit le cours est remonté rapidement comme pour LVMH, réduisant le rendement. Des actions à l’achat dans notre sélection offrent encore des rendements élevés même si nous n’en faisons pas un critère unique de sélection. C’est le cas notamment de GlaxoSmithKline (5 % brut), EDP Renovaveis (4,8 %) DuPont (4,9 %) ou encore Zurich Financial Services (6 %). Au niveau sectoriel, c’est le secteur télécom qui se montre le plus généreux avec des rendements supérieurs à 5 %.

Partagez cet article