Analyse
Brésil il y a 7 ans - lundi 19 avril 2010
Osez une samba endiablée !

Le Brésil a rapidement retrouvé le chemin de la croissance, après la profonde récession mondiale qui l’avait affecté. Aujourd’hui, le potentiel de croissance de l’économie est toujours élevé, mais, pour qu’il soit pleinement exploité, de nouveaux défis doivent être relevés. Un pari qui, s’il réussit, s’avèrera payant à long terme. Dès lors, nous proposons aux plus audacieux d’entre vous de se positionner sur le Brésil.

Après deux trimestres de baisse fin 2008 et début 2009, l’activité économique brésilienne est rapidement repartie à la hausse, grâce à la bonne résistance de la demande domestique. L’économie brésilienne est par ailleurs relativement fermée, ses exportations ne représentant que 12 % de son produit intérieur brut (PIB). Le pays a donc pu limiter les dégâts face au recul du commerce mondial, d’autant plus que ses exportations, beaucoup de matières premières, prennent surtout le chemin de la Chine, qui n’a pas connu de récession.

Une demande intérieure forte
· Le Brésil compte encore beaucoup sur sa population pour soutenir l’économie. C’est d’ailleurs la progression de la consommation intérieure qui lui a permis de sortir rapidement de l’ornière. A 7,4 % de la population active, le taux de chômage a continué de baisser malgré la crise. La hausse des revenus réels disponibles qui en découle a dès lors soutenu les dépenses des ménages qui n’ont jamais cessé de grimper. Un crédit meilleur marché suite à la baisse du taux directeur, de 13,75 % à 8,75 % entre janvier et juillet 2009, et largement distribué par les institutions financières, a aussi stimulé la consommation, qui a bondi de 4,1 % entre 2008 et 2009. Des dépenses gouvernementales en hausse de 3,7 % ont aussi dynamisé la demande intérieure l’an passé. Citons enfin le net rebond de l’investissement au second semestre. Après douze mois de baisses consécutives, la production industrielle a de nouveau augmenté fin 2009.
· Le Brésil enregistrera encore une forte croissance cette année. Du fait d’un environnement favorable, notamment un marché du travail dynamique et un crédit facile, la consommation des ménages continuera de progresser et de stimuler l’ensemble de l’activité économique. Après un recul de 6 % en 2009, l’investissement continuera de son côté de connaître une période de rattrapage.

Les défis de demain
· A moyen terme, de nouveaux défis attendent l’économie.
– Tout d’abord, avec le rebond économique, un vieux démon de l’économie brésilienne tente de refaire surface : l’inflation. Les autorités monétaires sont extrêmement attentives au dérapage des prix qui, par le passé, a souvent provoqué d’importants remous sur les marchés financiers brésiliens et fait péricliter la valeur du real, la monnaie nationale. La Banque centrale du Brésil s’est fixé 4,5 % comme objectif d’inflation. Or celle-ci pointait déjà à 5,09 % en février et on l’attend à 5 % pour l’ensemble de 2010. La question n’est donc plus de savoir si la banque centrale va intervenir, mais quand. La hausse des taux ne sera pas neutre pour l’économie. En renchérissant le coût du crédit, la banque centrale freinera en effet la consommation, menaçant à terme le dynamisme du Brésil. Car le problème du pays, c’est que son économie dépend pour le moment trop des dépenses des ménages. Un rééquilibrage s’impose.
– Les exportations, de leur côté, pourraient souffrir de la vigueur du real, dont les autorités n’arrivent pas à contenir la progression face aux autres devises.
– De plus, alors que de nombreux investissements sont nécessaires pour améliorer le potentiel de croissance du pays, le renchérissement du loyer de l’argent risque de freiner certains projets et de pénaliser la croissance future.
· En définitive, si l’économie brésilienne affichera encore une forte croissance cette année, il sera ensuite plus difficile, sans de nouvelles réformes, d’aligner les mêmes chiffres. Ce sera la tâche du prochain président (l’ultime mandat de Lula se terminant fin 2010) d’apporter un nouveau souffle aux réformes afin que le Brésil continue de profiter de son potentiel et d’afficher une croissance soutenue.

Nos conseils
Le potentiel du Brésil est donc élevé, mais la route sinueuse. Nous réservons de ce fait les actions brésiliennes aux investisseurs au profil dynamique, qui ne craignent pas le risque (max. 5 % du portefeuille. La Bourse peut d’ailleurs fortement fluctuer : elle a perdu 54 % en 2008 pour rebondir de 113 % en 2009. Elle est actuellement correctement évaluée et, pour peu que le potentiel de l’économie soit pleinement exploité, elle offre encore une jolie capacité de rebond. Pour accéder au marché d’actions brésilien, le plus facile est d’acheter une sicav ou un tracker. Notre revue sœur Fonds & Sicav recommande le tracker Lyxor ETF Brazil, disponible sur Euronext Paris (ISIN : FR0010408799 ; ticker : RIO). Depuis sa création, il y a trois ans, ce tracker affiche des résultats aussi bons que l’indice boursier brésilien Bovespa, son indice de référence. Il est coté en euro et capitalise ses dividendes.

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