Analyse
Le FMI à la rescousse il y a 7 ans - vendredi 16 avril 2010
Quel est le rôle exact du Fonds monétaire international ?

Naissance et fonctionnement
Comme bon nombre d’institutions supranationales, le FMI a vu le jour au lendemain de la seconde guerre mondiale. L’objectif : mener à bien la reconstruction et éviter que se renouvelle la grave dépression connue dans les années 30. Aujourd’hui, l’institution, chapeautée par les Nations Unies, est devenue une véritable institution financière, active à l’échelle mondiale. Elle compte 186 Etats membres. Fin 2009, elle était à la tête de lignes de crédit pour 191 milliards de dollars (dont 121 milliards n’ont pas été effectivement utilisés), au bénéfice de 87 pays. Quelques pays de l’ancien bloc de l’Est (Roumanie, Hongrie, Ukraine…) sont parmi les plus gros consommateurs de ces crédits. Pour se financer, le FMI compte essentiellement sur la participation des pays membres, qui cotisent en fonction du poids de leur économie. Il a en outre la possibilité de contracter des emprunts auprès des nations les plus nanties. Une possibilité qui a été élargie fin 2009, de sorte que le FMI peut à présent octroyer des crédits jusqu’à 750 milliards de dollars.

Objectifs
Au fil des ans, la liste des tâches du FMI s’est allongée. Elle se décline en plusieurs volets.
· Le premier objectif est de favoriser la coopération monétaire internationale ainsi que la stabilité, et de préparer ainsi le terrain de la croissance du commerce international.
· Le FMI rédige en outre régulièrement des rapports sur la situation économique des Etats, de régions ou du monde. Il formule des conseils, ébauche des prévisions et souligne les points délicats. Ainsi, le FMI a récemment conseillé aux autorités belges de réduire leur aide au secteur bancaire et a affirmé voir dans notre économie des signes de reprise progressive. Après la crise, le Fonds s’est aussi exprimé sur la manière dont les Etats devaient se comporter pour éviter une nouvelle crise, plaidant notamment pour une plus grande sévérité au niveau du capital des grandes banques.
· Le FMI apporte enfin son soutien provisoire pour corriger les déséquilibres de la balance des paiements de pays en difficultés. C’est cette activité dont il est le plus question dans l’actualité.

Outils et exigences
· Pour accorder son soutien, le FMI dispose de tout un arsenal d’instruments. Il peut s’agir d’injection d’argent, pour alléger les problèmes de la balance des paiements. Des problèmes qui peuvent être dus à une perte de confiance, à des évènements sur le marché des capitaux suite auxquels le pays peut encore à peine se financer, ou encore à une hausse des importations et/ou une baisse des exportations. Il peut s’agir de problèmes de courte durée ou plus structurels, en fonction de quoi le FMI interviendra par des crédits à court ou à plus long terme. Le FMI peut aussi mettre une ligne de crédit flexible à la disposition d’un pays dans le besoin. Le FMI peut enfin permettre à un Etat membre de réduire ou de suspendre sa cotisation.
· La Grèce, qui souffre actuellement d’une cruelle perte de confiance suite à laquelle elle doit offrir des taux élevés pour se financer, et qui accuse un déficit de sa balance des paiements, devrait dès lors, aux dernières nouvelles, bénéficier d’un soutien du FMI pouvant atteindre 15 milliards d’euros. Mais le Fonds monétaire international n’accorde pas son aide sans conditions. Le bénéficiaire doit accepter un certain nombre de réformes destinées à rééquilibrer sa balance : il peut s’agir d’impôts plus élevés, de la réduction des dépenses de l’Etat, de la dérégulation de certains secteurs ou encore de la privatisation d’entreprises publiques. Des mesures souvent drastiques, souvent peu populaires, et qui ont aussi valu, ces dernières décennies, d’acerbes critiques à l’institution. En 2001 par exemple, lors de la profonde crise économique qu’a connu l’Argentine, d’aucuns ont accusé le FMI d’avoir forcé auparavant l’Etat à de trop lourdes réductions de ses dépenses et à la privatisation de divers secteurs.

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