Analyse
Livre sterling : le vilain petit canard ? il y a 7 ans - lundi 3 mai 2010
Les perspectives pour la livre sterling ne sont pas très positives.

Trop flegmatique…
A noter d’emblée que, en dépit des attaques dont a souffert l’euro ces derniers temps face aux dettes énormes de certains membres de sa zone, la livre sterling a à peine gagné du terrain. Car au Royaume-Uni aussi, les problèmes sont immenses. L’économie ne parvient pas à sortir de l’ornière. Avec une croissance d’à peine 0,2 % au premier trimestre, on ne peut quasi pas parler de reprise. Les moteurs de l’économie britannique, le secteur immobilier et le secteur financier ont en effet toujours  des ratés. Quant aux ménages, très endettés, ils restent sur la touche.

Déséquilibres
· Autres boulets au pied du Royaume-Uni : l’énorme déficit budgétaire (il a atteint 11,4 % en 2009 et ne s’annonce pas mieux cette année) et la dette publique croissante. Fin 2009, la dette publique atteignait 68,1 % du Produit intérieur brut. C’est certes moins que dans certains pays en difficultés, mais c’est beaucoup plus qu’avant la crise. Le pays risque bien de subir une révision de son rating et de devoir dès lors payer plus d’intérêts sur sa dette.
· La livre n’est quant à elle pas très attrayante, compte tenu de la politique monétaire souple pratiquée par la Banque d’Angleterre (le taux directeur est à 0,5 % et la planche à billets tourne). De plus, l’inflation est en hausse (ce qui remet en question la politique monétaire), la devise perd en pouvoir d’achat et l’épargne est mal rémunérée. Enfin, les ménages sont lourdement endettés. Le cocktail est dangereux et effrayant !

Incertitude politique
Tous ces problèmes pourraient trouver des solutions mais demandent une dose de dynamisme de la part des pouvoirs publics. Or, le monde politique se montre plutôt inerte, dans l’attente des élections du 6 mai. L’approche du scrutin paralyse le processus de décisions et les réformes nécessaires sont reportées. Il reste à espérer que l’électeur choisisse un vainqueur puissant, capable de prendre immédiatement le taureau par les cornes. Mais on peut craindre qu’il n’y ait pas de grand gagnant et que le parlement se retrouve divisé. Il faudra alors, pour toute décision importante, perdre du temps à chercher un consensus, lequel ôtera inévitablement de la puissance aux décisions finales.

Evitez la livre !
Les soucis, nombreux et de taille, vous expliquent pourquoi nous ne conseillons toujours pas d’investir en obligations en livre sterling, malgré sa forte baisse des dernières années. Si les élections aboutissent à un grand vainqueur, la livre pourrait s’en trouver soutenue pour un temps. Mais ensuite, le marché tournera à nouveau son regard vers les problèmes structurels de la nation, laquelle risque bien de rester pour longtemps en panne de croissance et de voir sa devise toujours dédaignée. Pour les actions anglaises, le problème est moins crucial. Car beaucoup d’entreprises cotées sont des multinationales, qui profitent de la reprise du commerce mondial.

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