Analyse
Tableau de bord il y a 7 ans - lundi 3 mai 2010
La crise grecque fait plier l'euro.

Plongés dans une incertitude entretenue par l’Allemagne, coincée par des enjeux électoraux nationaux, les marchés ont fait les frais des déboires grecs en avril. Seules l’appréciation du USD (+1,8 %) et l’accélération des initiatives du couple Europe-FMI ont permis à l’investisseur en EUR d’engranger 2,1 % sur les Bourses mondiales. Dans la zone euro, le rendement est quasi nul depuis le début de l’année.

L’euro s’effondre sur le marché des changes
Malmené par le problème de la dette étatique européenne, l’euro s’est déprécié de 3 % face aux dollars néo-zélandais, australien et canadien. Mais cette chute se manifeste aussi au niveau des pays émergents : -2,9 % face à la roupie indienne, -2,1 % face au rouble russe, -4 % face à la lire turque et -4,9 % face au real brésilien. Faut-il en conclure que l’euro a définitivement perdu les faveurs des investisseurs ? Nous ne le pensons pas, même si à l’avenir, plusieurs facteurs pénaliseront encore l’euro. Primo, les craintes concernant les dettes étatiques continueront d’assombrir le ciel européen. L’assainissement des finances publiques s’annonce long, difficile et nécessitera un courage politique dont nos gouvernements font rarement preuve. Secundo, l’économie européenne sort de la récession plus lentement que le reste du globe. La croissance s’y annonce donc inférieure à celle des autres zones économiques, ce qui ne plaide pas pour des investissements en euro. Tertio, alors que les banques centrales d’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, du Brésil ou de l’Inde préparent ou ont déjà procédé à une hausse des taux directeurs, ce n’est nullement à l’ordre du jour de la BCE. Concrètement, pour l’investisseur, il peut être intéressant de trouver son bonheur ailleurs. Après avoir gagné 21 et 22 % sur un an, les AUD et NZD sont aujourd’hui surévalués face à l’euro. Même si nous ne craignons pas une baisse, seuls une nécessaire diversification et des taux d’intérêt attrayants plaident encore en faveur d’un investissement dans ces devises. Aujourd’hui correctement évalué, le CAD a encore un potentiel d’appréciation. C’est aussi le cas de la couronne suédoise, toujours sous-évaluée. Vous pouvez acheter des obligations dans ces deux devises.

Tableau des devises

Code
ISO

Cours
en euro
30/04/10

Evolution en % sur

Fluctuations

Perspectives

1 mois

1 an

5 ans

1 an

Long terme

DKK

0.1344

0.03

0.08

0.05

faibles

=

=

GBP

1.1512

2.69

2.95

-22.18

fortes

-

++

SEK

0.1038

1.05

10.74

-4.56

modérées

+

++

CHF

0.6977

-0.63

5.30

7.23

modérées

=

++

NOK

0.1274

2.30

10.99

3.48

fortes

=

-

USD

0.7521

1.77

-0.34

-2.90

fortes

=

++

CAD

0.7425

1.94

16.90

20.30

fortes

+

=

AUD

0.7001

3.21

26.27

15.76

fortes

=

--

NZD

0.5495

4.78

28.03

-3.11

fortes

=

--

JPY

0.8000

1.15

4.30

8.36

fortes

=

++

Inflation et taux d'intérêt en % (30/04/2010)

Devise

Inflation
mois

Taux
3 mois

Trend

Taux
5 ans

Trend

Taux
10 ans

Trend

EUR

1.4

Mar

0.52

=

1.98

+

3.38

+

DKK

2.2

Mar

0.95

=

1.69

+

2.86

+

GBP

3.4

Mar

0.75

=

2.36

+

3.73

+

SEK

2.6

Fév

0.16

=

1.95

+

2.77

+

CHF

1.4

Mar

0.25

=

0.84

+

1.94

+

NOK

1.7

Mar

2.32

+

2.67

+

3.40

+

USD

2.3

Mar

0.40

=

2.16

+

3.53

+

CAD

2.1

Fév

0.53

+

2.73

+

3.49

+

AUD

2.1

Déc

4.50

+

5.37

+

5.68

+

NZD

2.0

Mar

2.95

+

5.25

+

5.69

+

JPY

-1.2

Fév

0.30

=

0.40

+

1.04

+

   Nos prévisions portent sur un horizon d’environ 6 mois.

Les marchés tenus en haleine par la Grèce
La plupart des résultats trimestriels ont été supérieurs aux attentes, et ce, dans quasi tous les secteurs. DuPont (+7 %), 3M (+6,1 %), Electrolux (+13,6 %), Unilever (+2,5 %), Apple (+11,1 %) et Intel (+2,5 %) font ainsi partie des nombreuses sociétés à avoir positivement surpris. Ce sont néanmoins la crise grecque et les craintes de contagion à d'autres pays du sud de l’Europe (Portugal, Espagne, Italie) qui ont tenu les marchés en haleine en avril, et relégué l’impact financier de l’éruption du Eyjafjöll au rang des anecdotes. Largement mises en cause pour leur aveuglement lors de la crise bancaire, les agences de notation ont aggravé la situation en revoyant leurs notations à la baisse. La dette souveraine grecque a offert jusqu’à 11 % par an sur une échéance à dix ans et est désormais estampillée « junk bond » (obligation pourrie). Si nous ne croyons pas à une sortie de la Grèce de la zone euro, ni à un défaut de paiement, un rééchelonnement ne peut être exclu, même si ce n’est pas le scénario privilégié aujourd’hui. En cas de défaut de paiement, les banques européennes, fort exposées à la dette souveraine hellénique, plongeraient inévitablement dans de nouvelles difficultés, dont l’effet domino et les dommages collatéraux coûteraient nettement plus que l’aide proposée le week-end dernier et qui doit encore être avalisée par les différents parlements nationaux. Mais avec des banques françaises exposées à hauteur de 51 milliards d’EUR et allemandes à hauteur de 31 milliards, la panique a envahi le secteur en Europe (-6 % depuis la mi-avril). En Grèce, Alpha Bank a perdu 13 %. En Belgique, alors que Dexia (-6,9 %) ne dit mot, KBC (-4,3 %) ne détient « que » 1,2 milliard de papier grec, mais 10,6 milliards pour l’ensemble des PIGS (Portugal, Grèce, Irlande et Espagne), contre pas moins de 3,8 milliards pour Ageas, ex Fortis Holding (16,3 milliards pour les PIGS). De quoi avoir le tournis face à une capitalisation boursière de 5 milliards ! Ne partageant pas les craintes du marché, nous conservons Ageas. Vendez Dexia et achetez KBC via le holding KBC Ancora (-5,8 %), qui offre une décote de 38 %, historiquement élevée. Globalement, nous pensons que le secteur bancaire, qui profite toujours d’un environnement de taux extrêmement favorable, est moins fragile qu’il y a un an. Correctement évalué et toujours soumis à l’incertitude des futures réglementations, le secteur n’est toutefois pas à l’achat. Notre stratégie reste identique. Hormis quelques sociétés qui sortent renforcées de la crise, comme Intel (+2,5 %), ou en voie de restructuration, comme Agfa-Gevaert (-1,4 %) ou Deceuninck (+12,9 %), nous privilégions des sociétés bon marché, peu endettées et capables d’assurer la pérennité de leur dividende. Vous en trouverez dans les secteurs pharmacie et énergie. C’est aussi le cas du distributeur britannique Sainsbury (+3,3 %).

Les Bourses mondiales en un clin d’oeil (30/04/10)

Bourse de (1)

Evolution (%) sur (2)

P/E
(3)

1 mois

1 an

5 ans

Europe

-0.3

37.7

4.8

13.4

Zone euro

-2.0

27.4

3.5

13.1

Belgique

-2.7

31.0

0.4

13.5

Pays-Bas

-1.2

54.0

4.5

14.8

Allemagne

-0.4

24.5

6.6

12.4

France

-2.0

28.9

4.4

14.4

Grande-Bretagne

1.6

42.1

2.5

13.6

Suisse

-3.3

36.6

7.2

13.0

Italie

-4.2

19.2

-1.7

11.5

Espagne

-2.8

20.3

4.1

10.3

Portugal

-7.8

15.2

2.9

13.0

Etats-Unis

3.5

39.1

2.9

14.9

Canada

3.4

56.8

12.3

21.7

Australie

1.9

69.7

11.9

16.7

Japon

2.1

25.4

0.6

33.1

Brésil

1.2

65.8

30.8

17.3

Europe de l’Est

2.7

74.3

15.4

13.1

Inde

3.3

78.2

21.9

21.3

Hong-Kong

1.6

42.2

11.2

15.6

   (1) Indices return Datastream; (2) En euro sur base annuelle;
   (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels).

Les secteurs en un clin d’oeil (30/04/10)

Secteurs (indices mondiaux) (1)

Evolution (%) sur (2)

P/E
(3)

1 mois

1 an

5 ans

Financier

1.4

46.5

1.0

15.8

Biens de consommation

1.9

41.6

9.4

21.8

Alimentation et boissons

1.2

48.3

10.3

17.8

Distribution

2.8

36.5

6.3

19.3

Santé & pharmacie

-1.4

32.2

3.3

14.7

Pétrole & gaz

3.6

35.4

10.7

16.2

Serv. Aux collectivités

1.0

24.6

7.8

12.6

Chimie

1.5

47.4

12.5

24.1

Automobile

4.2

26.8

5.7

40.7

Sidérurgie, non-ferreux

0.2

76.6

19.0

25.8

Construction

3.2

38.7

7.0

18.0

Immobilier

2.3

49.3

3.2

20.3

Industries, services div.

4.4

52.5

6.9

22.1

Médias

4.9

52.9

0.2

20.5

Voyages & loisirs

5.4

41.4

2.8

23.3

Opérateurs télécom

1.2

22.3

5.8

13.1

Haute technologie

3.7

46.1

6.8

23.0

  (1) Indices return Datastream; (2) en euro sur base annuelle;
  (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels).

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