Analyse
Chine : surchauffe de l'immobilier il y a 7 ans - mercredi 9 juin 2010

Alors que le monde sombrait dans la récession, la Chine a gardé des taux de croissance impressionnants, Mais à présent, les autorités craignent la surchauffe de leur économie et la principale source d’inquiétude est l’immobilier.

En 2008 et 2009, alors que le monde sombrait dans la récession, la Chine a gardé des taux de croissance impressionnants, grâce à une expansion du crédit sans précédent. Mais à présent, les autorités craignent la surchauffe de leur économie. Avec des usines qui tournent à pleine capacité, une production industrielle en hausse (en avril : +17,8 % par rapport à un an plus tôt) et des ventes de détail en pleine flambée (+18,5 %), l’inflation s’approche de la limite de 3 % que défend la Banque de Chine. Mais la principale source d’inquiétude est l’immobilier. Des années de crédit bon marché en ont motivé plus d’un à se lancer dans cette activité. Cela s’ensuit aujourd’hui par un risque de correction du marché, qui pourrait avoir un lourd impact sur toute l’économie. Conscient du danger, Pékin retire progressivement les stimuli, pour assurer un atterrissage en douceur.
Mission difficile mais pas impossible.

Les excès du boom
L’engouement pour l’immobilier chinois, qui a été au cœur de la croissance du pays ces dernières années, a provoqué des excès de capacité importants. D’autant plus que des autorités régionales, à l’insu des autorités centrales, ont exproprié des terrains agricoles pour les revendre à des promoteurs. La pratique est devenue une des principales sources de revenu des régions et a accru la surface bâtie au point que, dans les banlieues, des bâtiments flambant neufs restent vides. Forcément, les marchés s’en inquiètent. Ce n’est pas donc pas un hasard si le secteur immobilier chinois a perdu ±1/4 de sa valeur depuis l’automne. Et sa méforme a pesé sur l’ensemble des Bourses chinoises (elles comptent parmi les moins performantes en 2010).

Moyens uniques
La Chine dispose cependant d’atouts pour limiter les surcapacités et tâcher de faire face à une crise du secteur.
· Pékin a durci la réglementation relative au crédit à l’habitation, surtout lorsqu’il ne s’agit pas d’une habitation principale.
· L’autorité procède à la destruction de logements insalubres et à la délocalisation de populations vers de nouvelles zones résidentielles.
· Des bâtiments construits par les autorités régionales, à l’insu des autorités nationales, font l’objet d’un rappel à l’ordre (nullité des droits de propriété, menace de démolition).
· La Chine dispose de copieux moyens pour venir en aide aux banques si une période de défauts de paiement fait suite, comme c’est souvent le cas, à la rapide croissance du crédit.
· La migration de la population des zones rurales vers les zones urbaines se poursuit et les salaires réels des travailleurs augmentent de façon notoire (dans certains provinces : +10 % l’an). De quoi permettre à un nombre croissant de familles (qui disposent encore d’une solide épargne) de se précipiter sur les opportunités d’achat que créerait la forte correction des prix de l’immobilier, et éviter ainsi la dégringolade.

Ne pas tourner le dos
Après le boom du marché immobilier chinois, une correction est probable. Mais la Chine dispose d’atouts considérables pour en atténuer l’impact. Si des turbulences semblent prévisibles en 2010 et 2011, la Chine donc un pari intéressant à long terme.
Les investissements dans ce pays restent donc présents dans nos portefeuilles.  

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