Analyse
La semaine économique il y a 7 ans - mardi 31 août 2010

Alors qu’aux Etats-Unis, le marché immobilier s’enfonce dans la déprime, les craintes sur la durabilité de la reprise américaine s’amplifient.

 

Le ralentissement américain se confirme

Aux Etats-Unis, suite à la fin des aides fiscales à l’achat, les ventes immobilières ont reculé de 27 % entre juin et juillet (voir aussi Tai Plus), alors que les commandes de biens durables n’ont progressé que de 0,3 %. La crise du secteur immobilier a de profondes conséquences. D’un côté, les entreprises de construction (5 % du PIB avant la crise) qui n’ont pas fait faillite tournent au ralenti. Et de l’autre, les consommateurs ne peuvent plus aussi facilement présenter leur maison comme garantie contre de nouveaux crédits. Par ailleurs, si les inscriptions hebdomadaires au chômage sont tombées à 473 000 unités, le chiffre pour la semaine précédente a été revu à la hausse, à 504 000. Alors que les craintes pour le trimestre en cours se multiplient, la croissance a été revue à la baisse pour le trimestre précédent. Entre avril et juin, l’activité économique n’aurait progressé que de 1,6 %, contre les 2,4 % annoncés initialement. En cause principalement, la dégradation de la balance commerciale.

 

Japon

La Banque du Japon se dit prête à intervenir sur les marchés du change. Face au dollar américain, le yen a atteint des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis 1995. Une forte appréciation qui pèse sur la compétitivité internationale des producteurs nippons. En juillet, les exportations ont reculé de 1,4 % face à juin. La cherté du yen a un autre effet néfaste pour l’économie : en rendant moins chers les produits importés, elle pèse sur les prix à la consommation et contribue ainsi à garder le Japon en déflation (-1,1 % en juillet). Faisant face à la déflation malgré des taux directeurs à moins de 1 % depuis 1995, la Banque du Japon pourrait bien faire tourner la planche à billets, vendant du yen sur les marchés pour faire retomber sa valeur. Il est vrai que l’économie nippone est à la peine et pourrait bien retomber en récession.

Allemagne

Les entreprises allemandes ont le moral. Emballé par la bonne performance de l’économie au 2ème trimestre (une croissance trimestrielle de 2,2 % a été confirmée), l’indice Ifo, qui mesure le climat des affaires en Allemagne, est à son niveau le plus élevé depuis l’été 2007. Grâce à l’excellente performance des exportateurs, l’économie allemande sourit, alors que la plupart des autres économies industrialisées grimacent. Un optimisme largement partagé par les consommateurs, dont l’indice de confiance est en hausse.

Irlande

La note accordée par l’agence de notation Standard & Poor’s à l’Irlande a été revue à la baisse. Le gouvernement de Dublin a certes mis en œuvre un vaste plan d’austérité pour rééquilibrer les comptes publics et continuer de mériter la confiance des marchés. Mais l’agence s’inquiète de la faiblesse du système bancaire qui pourrait, selon elle, obliger l’Etat à injecter jusqu’à 50 milliards EUR de capitaux supplémentaires. Or, pour un pays qui a accusé, en 2009, un déficit budgétaire de 14,3 % du PIB (12 % annoncés en 2010 et 2011), cette intervention pourrait bien être celle de trop pour les coffres de l’Etat. Les marchés partagent les craintes de S&P. Le prix de la protection contre un éventuel défaut de paiement de l’Irlande a dépassé celui de l’Islande, et le différentiel entre le taux auquel se finance l’Allemagne et celui auquel se finance l’Irlande atteint des sommets.

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