Analyse
L’euro retrouve la forme il y a 7 ans - mardi 10 août 2010


Après un printemps difficile, marqué par la crise des dettes souveraines et le sauvetage in extremis de la Grèce, notre devise retrouve des couleurs.

 

Dettes souveraines, stress tests et croissance ! 

Depuis le 8 juin, après avoir touché son plancher face au dollar, l’euro a repris environ 11 % face au billet vert.
Si la confiance s’est réinstallée autour de l’euro, c’est essentiellement grâce à trois éléments.
Dette souveraine. Si la dette souveraine européenne restera problématique pour de nombreuses années, les mesures d’austérité prises par les différents gouvernements de la zone, ainsi que le plan d’aide mis en place par l’Union Européenne, ont permis de rassurer un peu les marchés. En outre, au moment auquel les Etats-Unis songent à de nouvelles mesures de relance et alors que Japon doit inciter ses épargnants à investir dans des emprunts d’Etat, la dette souveraine européenne semble loin d’être exceptionnelle. Dans son ensemble, en pourcentage du PIB, elle reste inférieure à celle du Japon ou des Etats-Unis.
Stress test. Le stress test du secteur financier européen est certes loin d’avoir jeté toute la lumière nécessaire sur ce secteur, mais il a au moins rassuré les marchés. Quant aux résultats trimestriels plutôt encourageants des sociétés financières, s’il est vrai que les importants bénéfices annoncés sont largement tributaires des liquidités à taux réduit dont bénéficient toujours les banques, ils ont aussi indéniablement contribué à rassurer les marchés.
Croissance. A l’heure où la croissance américaine avoue ses faiblesses, l’Allemagne revoit ses prévisions 2010 à la hausse, un signe que la plus importante économie du Vieux continent reste très compétitive. C’est essentiellement grâce aux exportations allemandes : en juin, elles ont affiché une hausse de 28 % par rapport à un an plus tôt. Et alors que le taux de chômage de la plupart des grands pays industrialisés suscite toujours des craintes, celui de l’Allemagne s’inscrit dans une tendance baissière depuis l’été 2009 et se rapproche des minima atteints en 2008. Certes, l’optimisme allemand n’est pas extensible à l’ensemble des membres de la zone euro, mais la bonne de forme du marché du travail renforce la confiance des consommateurs teutons, dont les achats progressent. En juin, les importations allemandes ont ainsi progressé de 31,7 % par rapport à un an plus tôt et ont atteint un record absolu. Une bonne nouvelle pour les autres pays de la zone euro, pour lesquels l’Allemagne reste un partenaire de choix.


L’euro : une valeur sûre 

Le rétablissement de la confiance dans la zone euro et le retour en forme de l’Allemagne ont permis à l’euro de reprendre des couleurs. L’euro reste selon nous une valeur sûre, d’ailleurs présente dans nos portefeuilles. Des portefeuilles qui, dans les placements obligataires, contiennent aussi des devises de pays dont le niveau d’endettement souverain est peu élevé, comme la Suède, la Suisse, le Canada et l’Australie.

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