Analyse
L'immobilier américain en chute libre il y a 7 ans - jeudi 26 août 2010

Aux Etats-Unis, les ventes dans l’immobilier ont reculé de 27 % en juillet. Une rechute de l’économie américaine ne peut être exclue.

Lourde chute

Les Etats-Unis sont sous le choc. La fin des aides fiscales, qui visaient à encourager les achats immobiliers, s’est soldée par un recul de 27 % des ventes dans l’immobilier en juillet. En termes absolus, les ventes sont retombées à des niveaux plus atteints depuis 1995.
Les prix pourraient bien suivre, ce qui aurait alors de lourdes conséquences pour la reprise économique.
Comme prévu, la fin de la période des stimuli et la transition vers une économie à nouveau soutenue par la demande des ménages est difficile pour l’économie américaine, au point qu’une rechute ne peut être exclue.

 

Marché du travail durablement affaibli

La mauvaise tenue du marché immobilier peut à priori surprendre. A un moment où les taux hypothécaires restent proches des minima absolus et où les prix des logements sont, en moyenne, environ 25 % inférieurs aux sommets de 2006, on pourrait s’attendre à une ruée sur ce secteur.
Mais le scénario est tout autre. Le marché du travail reste en effet morose : les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté ces dernières semaines pour atteindre les 500 000 unités. Des chiffres que le pays n’avait plus connus depuis 2009 et qui laissent présager une nouvelle augmentation du taux de chômage, déjà à 9,5 % en juillet.
Dès lors, la question se pose de savoir pourquoi les entreprises n’engagent pas. Certains – surtout à Wall Street et dans le secteur de la santé – pointent l’excès de réglementation : par exemple le plan Medicare, qui doit étendre la couverture médicale au plus grand nombre, ou la réforme Volcker, qui doit mieux encadrer le système financier. A cela ils ajoutent le besoin pressant d’assainir les dépenses publiques, pouvant amener une charge fiscale accrue. Une conjoncture incertaine donc, peu favorable à la prise de risque, à l’investissement et, in fine, à la création d’emplois.

 

Produire pour qui ?

Si l’incertitude au niveau du cadre législatif et fiscal peut expliquer la prudence des entreprises, certains indicateurs montrent une autre réalité bien plus importante encore. En juillet, le taux d’utilisation des capacités industrielles américaines s’établissait à 74,9 %, loin de la moyenne de 80,6 % enregistrée entre 1972 et 2009.
En clair, l’industrie américaine est en sous-régime et n’est dès lors pas disposée à investir dans du nouveau matériel tant que la demande ne progressera pas de nouveau. Or, les consommateurs font toujours grise mine pour le moment.

 

Cercle vicieux

L’économie semble donc coincée dans un cercle vicieux. Conscients de la situation difficile sur le marché de l’emploi et de l’endettement qu’ils ont accumulé pendant la dernière décennie, les ménages se montrent plus prudents. Par ailleurs, au vu de la faible progression de leur revenu disponible (+0,4 % sur un an au deuxième trimestre) et du resserrement des conditions d’obtention des crédits, certains n’ont sans doute même pas la possibilité de consommer davantage.
Or, en l’absence d’un retour en force de la demande, les entreprises n’engageront pas. Dès lors, que ce soit dans un scénario de reprise molle ou de légère contraction, l’économie américaine risque d’en décevoir plus d’un.

 

Notre conseil

Malgré une bourse américaine pas trop chère, nous continuons de conseiller la plus grande sélectivité au moment d’investir outre-Atlantique car les risques pour la reprise américaine devraient rester bien présents.
Privilégiez dès lors les actions bon marché au vu de leurs perspectives bénéficiaires. Retrouvez nos conseils ici.

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