Analyse
Tableau de bord : les doutes persistent il y a 6 ans - vendredi 3 septembre 2010

Les bons résultats trimestriels publiés en juillet et août ne sont pas parvenus à éclipser les craintes sur l'avenir. Le rendement engrangé par l'investisseur en euro sur les Bourses mondiales au cours des deux derniers mois se limite à 1,2 %.

 

Les valeurs refuges ont la cote

Cet été, alors que les indicateurs économiques viraient au rouge, les craintes d’une rechute de l’économie américaine sont apparues. Dans ce contexte, l’aversion au risque a fait son grand retour, les investisseurs recherchant avant tout la sécurité. Au final, sans surprise, ce sont les valeurs refuges qui ont tiré leur épingle du jeu. Sur le marché des changes, le franc suisse s’est ainsi apprécié de 1,6 % face à l’euro (+13 % depuis le début de l’année). En dépit de son caractère surévalué, la devise helvétique devrait encore s’apprécier face à l’euro ces prochains mois, les investisseurs recherchant la sécurité à tout prix. Vous pouvez toujours acheter les actifs libellés dans cette devise. Le yen japonais est l’autre devise en vue, avec une forte hausse face à l’euro ces dernières semaines, mais aussi un sommet historique atteint face au dollar. La force du yen inquiète les industriels nippons et a fini par interpeller les autorités japonaises. La Banque du Japon a tenté d’enrayer l’appréciation de sa devise, tandis que le gouvernement a annoncé un nouveau plan de soutien de l’activité économique. Vu le rôle essentiel des exportations pour l’économie du pays, nul doute que les autorités mettront tout en œuvre pour stopper la hausse du yen. Nous ne croyons donc pas à une poursuite de l’appréciation du yen. Mieux vaut rester à l’écart. Enfin, le dollar américain a joué au yo-yo, perdant du terrain en juillet, avant de regagner 2,5 % face à l’euro en août. Même si c’est aux USA que l’on redoute le plus une rechute de l’économie, le billet vert continue d’avoir ses adeptes. Et comme c’est désormais en Europe que les mauvais chiffres risquent de se multiplier, le dollar devrait rester ferme face à l’euro. Pour notre part, nous ne le conseillons pas. Privilégiez plutôt les trackers en or. Cette autre valeur refuge flirte à nouveau avec ses sommets de fin juin.

 

Tableau des devises
Code
ISO
Cours
en euro
31/08/10
           Evolution en % sur
Fluctu-
ations
       Perspectives
2 mois
1 an
5 ans
1 an
Long terme
DKK
0.1343
0.06
-0.01
0.18
faibles
=
=
GBP
1.2092
-1.00
6.47
-17.32
fortes
=
++
SEK
0.1067
1.76
8.77
-0.30
modérées
+
++
CHF
0.7759
2.49
17.68
20.09
modérées
+
=
NOK
0.1250
-0.42
7.71
-1.78
fortes
=
-
USD
0.7868
-3.63
12.90
-3.24
fortes
+
+
CAD
0.7378
-3.96
16.28
7.81
fortes
+
=
AUD
0.7003
1.55
19.20
14.65
fortes
=
--
NZD
0.5512
-1.82
15.34
-2.10
fortes
=
--
JPY
0.9370
1.56
24.73
28.06
fortes
=
=

 

Inflation et taux d'intérêt en % (31/08/2010)
Devise
  Inflation mois
Taux
3 mois
Trend
Taux
5 ans
Trend
Taux
10 ans
Trend
EUR
1.7
Jul
0.92
=
1.53
+
2.62
+
DKK
1.7
Jun
0.79
=
0.99
+
1.88
+
GBP
3.2
Jun
0.84
=
1.38
+
2.66
+
SEK
1.4
Jul
0.36
=
1.60
+
2.10
+
CHF
0.4
Jul
0.17
=
0.56
+
1.02
+
NOK
1.3
Jul
2.53
+
2.34
+
2.80
+
USD
1.2
Jul
0.35
=
1.14
+
2.25
+
CAD
1.6
Jul
1.00
+
1.82
+
2.65
+
AUD
3.1
Jun
5.03
+
4.38
+
4.73
+
NZD
1.8
Jun
3.32
+
4.44
+
4.85
+
JPY
-1.1
Jul
0.37
=
0.21
+
0.74
+
  Nos prévisions portent sur un horizon d’environ 6 mois.


Les investisseurs de plus en plus inquiets

L’été avait bien commencé sur les Bourses mondiales. Tant le plan de sauvetage de la Grèce que les fameux stress tests européens, censés mesurer la solidité de nos banques, avaient fini par rassurer les marchés, qui se sont alors focalisés sur les résultats trimestriels. Généralement meilleurs que prévu, ceux-ci ont été dopés, au-delà des restructurations, par le restockage des entreprises, les incitants financiers débloqués par les gouvernements et la chute de l’euro. Du côté des financières, les banques ont été soutenues par la baisse du coût du risque (diminution des provisions pour créances douteuses) et par une réforme bancaire Bâle III, de plus en plus édulcorée sous l’action efficace des lobbys. Mais dès début août, les craintes sur l’affaiblissement probable de la croissance économique mondiale ont refait surface. Outre la pression du yen sur l’économie nipponne, le rebond économique apparaît nettement moins vigoureux que prévu aux Etats-Unis, où le taux de chômage reste élevé et où la fin des incitants fiscaux pour les nouveaux propriétaires a un impact négatif sur le marché immobilier. De leur côté, l’Europe reste étranglée par ses dettes et la rigueur budgétaire qu’elle s’impose, tandis que la Chine se bride pour éviter l’implosion de sa bulle immobilière. Autant d’éléments qui limitent la probabilité d’un scénario de relance économique globale et, partant, de perspectives bénéficiaires vigoureuses pour les entreprises. Sur les 30 sociétés qui composent l’indice Dow Jones, seules cinq ou six ont relevé leurs objectifs pour l’ensemble de l’année. Les Bourses s’inquiètent d’autant plus que le problème des dettes souveraines s’est rapidement rappelé aux esprits, avec une nouvelle baisse de rating infligée par Moody’s à l’Irlande. L’explosion des fusions et acquisitions (200 milliards USD de transactions sur le seul mois d’août !), dopée par la faiblesse des taux d’intérêt et les liquidités détenues par des entreprises en quête de relais de croissance, n’a été d’aucun secours. Les investisseurs se sont donc focalisés sur la sécurité. Sur le marché des dettes souveraines, les rendements des emprunts d’Etat émis par les grandes signatures (USA, Royaume-Uni, Allemagne,…) ne cessent d’enfoncer de nouveaux planchers. Privilégiez plutôt un bon compte d’épargne. Sur les Bourses, outre les valeurs défensives (alimentation, télécoms, utilities,...), les valeurs exposées aux marchés émergents comme Bekaert (+16,5 %), Caterpillar (+8,5 %), DuPont (+17,9 %), Coca-cola (+11,5 %), Agfa-Gevaert (+14,2 %), AB Inbev (+3,2 %), dernier bastion de la croissance économique, se sont aussi très bien portées. Enfin, épinglons le secteur chimique qui a bénéficié de l’offre de BHP Billiton (+4,4 %) sur le roi de la potasse, le canadien Potash Corp (+70,7 %), ainsi que de la publication d’un série de résultats de bonne facture, comme Solvay (+1,9 %). A l’inverse, des secteurs d’activités comme ceux liés à la consommation (distribution, automobile,…) ou aux investissements des entreprises (technologiques,…) ont généré des rendements plus mitigés.

Variation de cours entre les clôtures du 30/06 et du 31/08 en devise locale, en EUR pour les indices.

 

Les Bourses mondiales en un clin d’oeil (31/08/10)
Bourse de (1)
             Evolution (%) sur (2)
P/E
(3)
2 mois
1 an
5 ans
Europe
3.9
12.2
1.5
11.8
Zone euro
2.8
2.4
-0.1
11.8
Belgique
3.4
8.0
-1.7
13.9
Pays-Bas
0.2
10.8
0.2
11.4
Allemagne
0.1
8.7
3.0
11.3
France
2.2
2.9
0.3
11.9
Grande-Bretagne
5.9
17.8
0.4
11.0
Suisse
3.8
21.3
5.9
12.4
Italie
3.0
-5.2
-5.0
11.2
Espagne
9.6
-6.4
1.4
10.1
Portugal
6.0
1.1
2.6
11.6
Etats-Unis
1.4
19.7
-0.9
12.4
Canada
1.6
31.1
6.4
17.7
Australie
4.7
22.5
7.5
13.9
Japon
-2.6
6.8
-2.4
15.9
Brésil
7.2
38.9
25.4
12.9
Europe de l’Est
5.2
35.7
7.8
10.3
Inde
-3.8
34.0
16.0
22.4
Hong-Kong
1.6
26.4
9.3
13.4
   (1) Indices return Datastream; (2) En euro sur base annuelle;
   (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels)

 

Les secteurs mondiaux en un clin d’oeil (31/08/10)
Secteurs
(indices mondiaux) (1)
         Evolution (%) sur (2)
P/E
(3)
2 mois
1 an
5 ans
Financier
2.1
12.5
-2.0
13.2
Biens de consommation
1.3
27.8
6.7
16.9
Alimentation et boissons
2.9
34.0
9.6
16.8
Distribution
0.6
23.5
2.9
16.8
Santé & pharmacie
-2.1
15.9
1.0
13.3
Pétrole & gaz
0.9
16.3
3.6
12.3
Serv. Aux collectivités
3.0
14.3
5.1
12.6
Chimie
7.8
31.7
11.0
16.2
Automobile
0.0
16.1
2.0
14.3
Sidérurgie, non-ferreux
2.7
31.6
13.5
18.7
Construction
-1.0
6.8
1.8
15.4
Immobilier
5.0
24.4
1.0
15.8
Industries, services div.
0.2
26.5
3.5
16.8
Médias
1.0
30.8
-2.2
16.7
Voyages & loisirs
4.3
32.1
1.1
20.2
Opérateurs télécom
5.5
22.9
5.5
12.0
Haute technologie
-4.0
16.3
1.2
16.0
   (1) Indices return Datastream; (2) en euro sur base annuelle;
   (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels).

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