Analyse
La semaine économique il y a 6 ans - mardi 26 octobre 2010

Confiance des entrepreneurs allemands, austérité britannique, croissance américaine ralentie, hausse des taux chinois et G20 impuissant.

 

Allemagne : indicateurs contrastés

L’indice zew qui mesure la confiance des investisseurs à l’égard de l’économie germanique a légèrement diminué en octobre. Si la perception actuelle reste bonne, les attentes pour les six prochains mois marquent le pas. Par contre, l’indice ifo du climat des affaires a atteint son plus haut niveau depuis mai 2007. Les chefs d’entreprises sont satisfaits des conditions actuelles et ont confiance en l’avenir.

Royaume-Uni : austérité

Le nouveau gouvernement de David Cameron a tenu parole : c’est un budget d’austérité sans précédent qui a été élaboré au Royaume-Uni. Pour éradiquer le déficit public, 81 milliards de livres d’économies sont prévues d’ici 2015. Suppression de 500 000 postes dans la fonction publique, fortes baisses dans les prestations sociales, coupes budgétaires drastiques dans les ministères, c’est un véritable remède de cheval qui va être administré. Avec ce plan d’austérité, le gouvernement prend l’énorme risque de faire dérailler la croissance. Mais il n’avait pas le choix. Pour gagner ce pari, David Cameron a l’appui de la Banque d’Angleterre, qui devrait se montrer tolérante vis-à-vis de l’inflation et poursuivre sa politique très accommodante (injection massive de liquidités en cas de nécessité).

USA : la croissance ralentit

Pour la première fois depuis un an, la production industrielle américaine a reculé en septembre (-0,2 % par rapport à août). Ce repli résulte du fléchissement de la reprise. Pour la première fois depuis juin 2009, le taux d’utilisation des capacités de production a aussi fléchi, à seulement 74,7 %. Cela n’annonce pas une reprise des investissements. Par contre, les capacités de production excédentaires contribuent à la faiblesse de l’inflation. Ralentissement de la croissance et faibles pressions sur les prix ouvrent la voie à un prochain assouplissement monétaire de la Fed.

Chine : la Banque centrale relève ses taux

 
Pour la première fois depuis 2007, la Banque centrale de Chine a relevé deux des principaux taux directeurs, espérant ainsi temporiser le boom du crédit et éviter la formation d’une bulle immobilière. Mais elle favorise ainsi l’afflux de capitaux étrangers, qui anticipent une hausse du yuan. Les autorités politiques ont donc fait baisser le yuan dès le lendemain, envoyant ainsi un message clair : elles restent aux commandes de la devise, dont elles empêcheront toute appréciation excessive. Mais vu la forte croissance (9,6 % au troisième trimestre) et l’accélération de l’inflation, le durcissement monétaire devrait se poursuivre et les pressions haussières sur le yuan s’intensifier.

G20 : pas de solution

La réunion du G20 n’a pas trouvé de solution à la volatilité actuelle des devises. Les ministres des Finances se sont contentés d’un communiqué réaffirmant la nécessité de laisser jouer les marchés et s’engageant à ne pas opérer de dévaluations compétitives. Mais aucun calendrier n’a été fixé et la Chine peut continuer sa politique des très petits pas dans l’appréciation du yuan. En définitive, la guerre des changes n’est pas finie, elle ne fait même que commencer. Alors que la zone euro ne veut pas participer à ce conflit, l’euro continuera de s’apprécier face au dollar.

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