Analyse
Ruée vers l'or il y a 7 ans - lundi 4 octobre 2010

La politique monétaire des Etats-Unis et plusieurs facteurs favorables liés à l'offre et à la demande soutiennent l'or.

 

Après un été difficile, le métal jaune a repris sa marche en avant et va depuis de record en record. Le 27 septembre, son cours a même dépassé la barre des 1 300 USD l’once (31,10 grammes) ! Exprimée en dollar, sa progression sur les douze derniers mois est de 30 %. En euro, elle est plus impressionnante encore avec + 40 %. Une différence due à la faiblesse de l’euro lors de la crise de la dette souveraine.
Face à une telle progression, on pourrait se demander si le cours de l’or n’est pas arrivé au bout de son périple. Notre réponse est claire : non ! L’or garde en effet suffisamment de potentiel pour y prendre une position.

Merci la Fed

Le dernier sprint constaté (gain de près de 5 % sur 2 semaines) est presque exclusivement la conséquence des décisions de la Federal Reserve américaine. Celle-ci a en effet communiqué, après sa dernière réunion, qu’elle envisageait d’élargir sa politique d’assouplissement quantitatif. Dit autrement, elle souhaite injecter de l’argent dans l’économie en achetant, e.a. des emprunts d’Etat et en faisant pour cela tourner la planche à billets. Une décision qui a surpris bon nombre d’acteurs économiques, qui craignent que cette création massive d’argent ne débouche sur une forte inflation, une baisse de la valeur de l’argent (donc du pouvoir d’achat) et un affaiblissement du dollar. Et pour s’en protéger, l’or est le refuge idéal. Donc, tant que la Banque centrale américaine (comme d’autres) maintiendra sa politique monétaire souple et que les craintes d’inflation persisteront, l’or sera sur du velours.

Potentiel résistant

Jusqu’à combien le compteur peut-il grimper ? Certains avancent des chiffres de 1 500, 2 000 voire 3 000 dollars l’once ! Nous n’irons pas, quant à nous, jusqu’à formuler de pronostic précis. Bien sûr, nous savons qu’en cas de crainte d’inflation, l’or représente un important soutien. Et bien que les marchés financiers aient navigué sur des eaux plus calmes ces dernières semaines, l’incertitude persiste. Les primes, sur le marché des CDS, pour la dette publique de toute une série de pays européens sont ainsi au plus haut. Face à cette menace permanente et à la crainte d’encore découvrir de nouveaux cadavres dans les placards, l’or, valeur refuge n°1, reste apprécié.
La demande d’or reste à niveau, tant du côté des consommateurs que des investisseurs. La classe moyenne des pays émergents (Inde, Chine, Brésil, mais aussi Afrique du Sud) achète de plus en plus de bijoux. La demande d’investissements en or augmente aussi de plus en plus, pour les raisons citées ci-dessus, mais aussi parce que les possibilités d’investissement indirect dans le métal jaune se sont multipliées (comme les trackers).
Face à cette hausse de la demande, on constate aussi une baisse de l’offre. Celle-ci a notamment subi un impact (psychologique) important avec la fin de la vente de réserves d’or par les banques centrales. Pendant des années, ces dernières ont soutenu l’offre en déversant régulièrement des réserves sur le marché. Ceci est toutefois du passé et les rôles se sont, depuis, inversés. Compte tenu de l’appétit grandissant, surtout, des banques centrales asiatiques, celles-ci sont désormais devenues au contraire des acheteurs nets. D’un autre côté, les producteurs d’or ont certes l’intention d’augmenter leur production mais cela exigera de creuser à de grandes profondeurs, ce qui nécessitera d’énormes investissements.
Compte tenu de tout ceci, nous sommes convaincus que la fin de la marche en avant de l’or n’est pas pour demain. En résumé, l’or a résolument sa place dans tout portefeuille d’investissement (de 5 à 10 %) à titre de diversification.

Préférez l'or physique

Il existe plusieurs façons d’investir dans l’or :
– Vous pouvez acheter des pièces et des lingots d’or et les conserver dans un coffre. Notre préférence dans ce cas va au bureau de change bruxellois Goldforex, www.goldforex.be.
– Si vous ne voulez pas d’or physique, vous pouvez aussi investir dans des trackers cotés en Bourse qui investissent directement dans de l’or physique pour limiter le risque de contrepartie (risque qu’un intermédiaire financier fasse défaut). Nos favoris dans ce cas sont iShares Gold Trust (IAU, en dollar) ainsi que Gold Bullion Securities (GBS, en euro) d’ETF Securities, coté sur Euronext Paris, et ETFS Physical Gold (PHAU) sur Euronext Amsterdam.

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