Analyse
La semaine économique il y a 6 ans - mardi 7 décembre 2010

Nécessité fait loi pour la BCE, ralentissement de la reprise européenne, belle fin d’année aux Etats-Unis.

 

Nécessité fait loi pour la BCE

Alors que la zone euro s’enfonce dans la crise, la Banque centrale européenne (BCE) s’est résolue à intensifier ses achats de titres de la dette sur le marché secondaire afin d’atténuer la hausse des taux d’intérêt. De temporaire et au montant limité, cette politique devient donc progressivement permanente et massive, tant un arrêt des achats de la BCE provoquerait un séisme obligataire.
De son côté, le programme d’octroi de liquidités illimitées et à taux fixe au secteur bancaire est à nouveau prolongé, jusqu’à la fin du 1er trimestre 2011 cette fois. Et il est probable que cette perfusion monétaire, initialement temporaire, persistera pas mal de temps encore.
Enfin, et sans surprise, alors que l’inflation reste faible, à 1,9 % en novembre comme en octobre, le taux directeur est resté inchangé, à 1 %. Et aucune hausse n’est envisageable à moyen terme.

 

Ralentissement de la reprise européenne

Après une hausse de 1 % au deuxième trimestre (par rapport au précédent), l’activité économique n’a augmenté que de 0,4 % au troisième trimestre. Le pic de la reprise est donc déjà dernière nous et il faut s’attendre au mieux à une croissance modeste ces prochains mois. Du coup, la croissance 2011 sera déjà en retrait par rapport au chiffre 2010.
Cette modération de la reprise se traduit par une poursuite de la détérioration sur le marché du travail. En octobre, le taux de chômage de la zone euro a grimpé à 10,1 % de la population active, contre 10 % en septembre et 7,2 % la veille de la récession. Depuis le début de la crise en 2008, 4,7 millions d’Européens sont venus grossir les rangs des chômeurs. Mais si, globalement, le taux de chômage est toujours en hausse sur un an, il a stagné en France et en Autriche, et même diminué en Allemagne et en Finlande. Petite éclaircie dans ce sombre ciel conjoncturel, l’indice du climat économique s’est encore amélioré en novembre. Mais cette embellie provient avant tout d’un moral retrouvé par les chefs d’entreprises, les ménages continuant de broyer du noir. Après deux mois de baisse, le volume des ventes du commerce de détail a toutefois progressé de 0,5 % entre septembre et octobre.

 

Belle fin d’année aux Etats-Unis

Semaine après semaine, l’horizon conjoncturel se dégage aux Etats-Unis, laissant présager une belle fin d’année pour l’économie américaine. Si l’indice ISM, qui reflète l’état de santé du secteur manufacturier US, a légèrement fléchi en novembre, à 56,6 contre 56,9 le mois précédent, il reste nettement supérieur à 50, la frontière entre expansion et contraction de la production industrielle, et annonce une activité dynamique dans l’industrie. Du côté des ménages aussi, le moral s’améliore. L’indice de confiance est passé de 49,9 en octobre à 54,1 en novembre. C’est bien entendu l’amélioration du marché du travail qui rend le sourire aux Américains. Après avoir créé 172 000 postes de travail en octobre, les Etats-Unis ont encore généré 39 000 emplois en novembre. Quoique modestes, ces chiffres suffisent pour l’instant à soutenir le moral et les dépenses des ménages.

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