Analyse
Tableau de bord : la zone euro à nouveau en crise il y a 6 ans - vendredi 3 décembre 2010

Si la crise des dettes souveraines en Europe a stoppé net la progression des Bourses en novembre, l’investisseur en EUR a plus que sauvé sa mise grâce à l’appréciation des autres devises mondiales.

 

Crise de la dette souveraine en Europe

Avec les déboires de l’Irlande, le spectre d’un défaut de paiement sur la dette étatique européenne a refait surface et certains investisseurs ont délaissé les actifs de la zone euro.
Sur le marché des changes, cela s’est traduit par une chute de l’euro face à la plupart des devises du globe. Avec un recul de 7 et 6 %, les corrections les plus sévères ont été enregistrées vis-à-vis des dollars américain et canadien. Alors que les investisseurs s’inquiètent de la crise de la dette en Europe, mais aussi de l’impact sur la conjoncture mondiale du durcissement monétaire en Chine, le billet vert a retrouvé son rôle de valeur refuge, d’autant plus que les dernières statistiques américaines sont rassurantes. De son côté, le dollar canadien a été soutenu par la bonne santé économique du pays et par la perspective d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt par la banque centrale.

 

Tableau des devises

Code
ISO

Cours
en euro
30/11/10

Evolution en % sur

Fluctu-
ations

Perspectives

1 mois

1 an

5 ans

1 an

Long terme

DKK

0.1342

0.05

-0.15

0.01

faibles

=

=

GBP

1.1964

4.01

9.45

-18.48

fortes

-

++

SEK

0.1092

1.80

14.62

4.05

modérées

+

++

CHF

0.7708

5.36

16.20

19.47

modérées

+

=

NOK

0.1237

1.26

5.46

-1.80

fortes

=

=

USD

0.7682

6.78

15.33

-9.43

fortes

-

++

CAD

0.7480

5.79

18.38

3.05

fortes

+

=

AUD

0.7368

4.47

20.84

17.36

fortes

=

--

NZD

0.5715

3.87

19.96

-4.14

fortes

=

--

JPY

0.9171

2.67

18.60

29.37

fortes

-

+

Sur le marché obligataire, la crise de la dette publique en Europe a, sans surprise, fait grimper les taux d’intérêt des pays, de plus en plus nombreux, dans le collimateur des investisseurs. Les taux des obligations grecques, irlandaises, portugaises, espagnoles, italiennes et belges ont ainsi nettement augmenté. Mais contrairement à ce qui s’était passé en début d’année, les dettes les plus solides de la zone euro n’ont pas, cette fois-ci, joué le rôle de valeur refuge.
Les taux allemands et hollandais ont même légèrement augmenté. Aux yeux des investisseurs, au fur et à mesure que la crise touche de nouveaux pays et que ceux-ci sont aidés par leurs partenaires européens, le problème de la dette devient en effet plus général et le risque se diffuse à l’ensemble du Vieux Continent. Que ce soit via les prêts consentis par les pays européens aux nations en difficultés ou via l’important portefeuille obligataire étatique détenu par toutes les banques de la zone euro, le problème de la dette est bel et bien devenu européen. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne ne peut plus nier le problème de la dette dans la conduite de sa politique monétaire. Elle devra donc continuer de fournir des liquidités en masse au secteur bancaire et poursuivre ses achats sur le marché de la dette étatique pour freiner la hausse des taux d’intérêt.

  

Inflation et taux d'intérêt en % (30/11/2010)

Devise

Inflation
mois

Taux
3 mois

Trend

Taux
5 ans

Trend

Taux
10 ans

Trend

EUR

1.9

Oct

1.01

=

2.24

+

3.30

+

DKK

2.5

Oct

0.95

=

1.36

+

2.69

+

GBP

3.2

Oct

1.06

=

1.68

+

3.08

+

SEK

1.5

Oct

1.08

+

2.24

+

2.84

+

CHF

0.3

Aug

0.17

=

0.70

+

1.36

+

NOK

1.0

Oct

2.37

+

2.57

+

3.27

+

USD

1.2

Oct

0.83

=

1.19

+

2.57

+

CAD

1.8

Oct

1.45

+

2.16

+

2.98

+

AUD

2.8

Sep

5.34

+

5.09

+

5.35

+

NZD

1.8

Jun

3.55

+

4.80

+

5.34

+

JPY

-0.6

Oct

0.33

=

0.37

+

0.99

+

   Nos prévisions portent sur un horizon d’environ 6 mois. 

 

 

Les valeurs bancaires à la traîne

Alimenté en septembre et octobre par la publication de résultats trimestriels globalement supérieurs aux prévisions, le rebond des Bourses a été stoppé net en novembre. Dans la zone euro, le recul atteint en moyenne 4,4 %. Mais les pays les plus fragilisés (Portugal, Grèce, Espagne,…), susceptibles de multiplier les mesures d’austérité, ont affiché des reculs de près de 10 % en moyenne. Dans la zone euro, seule l’Allemagne, dont la politique économique reste résolument tournée vers les exportations, profite, à l’instar des pays scandinaves, du dynamisme des pays émergents et parvient à enregistrer une petite progression.

 

Les Bourses mondiales en un clin d’oeil (30/11/10)

Bourse de (1)

Evolution (%) sur (2)

P/E (3)

1 mois

1 an

5 ans

Europe

-0.9

15.5

1.4

11.6

Zone euro

-4.4

5.4

-0.2

11.6

Belgique

-6.3

9.8

-2.2

14.0

Pays-Bas

-1.4

11.0

-0.5

11.6

Allemagne

1.6

20.2

4.5

11.5

France

-4.8

6.6

0.6

11.8

Grande-Bretagne

1.6

22.8

0.6

10.9

Suisse

3.6

22.5

4.2

12.5

Italie

-9.0

-5.5

-5.3

11.4

Espagne

-13.0

-14.5

-1.1

8.9

Portugal

-8.9

-5.3

1.4

5.4

Etats-Unis

7.1

29.2

-0.2

13.6

Canada

8.2

38.0

7.1

19.1

Australie

3.3

23.5

8.2

14.3

Japon

9.1

23.9

-4.5

14.8

Brésil

2.3

21.2

20.8

11.7

Europe de l’Est

3.0

32.6

4.7

10.7

Inde

-1.2

28.3

14.4

22.9

Hong-Kong

6.8

30.4

10.0

14.4

  (1) Indices return Datastream; (2) En euro sur base annuelle;
  (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels).

 

Sauvé par la dépréciation généralisée de l’euro et la meilleure tenue des Bourses américaines et émergentes, l’investisseur européen a néanmoins réussi à encore engranger 4,2 % sur les Bourses mondiales, ainsi que des rendements positifs dans tous les secteurs passés sous revue. Si on se limite aux Bourses européennes, près de la moitié d’entre eux affichent pourtant des prestations négatives, le bonnet d’âne revenant aux financières européennes
(-6,2 %). Les autres contre-performances les plus conséquentes se retrouvent dans les secteurs les plus sensibles aux taux (endettement élevé, généreux dividende) comme les télécoms (-4,8 % en Europe) ou les services aux collectivités (-4 % en Europe). Plombée par le sauvetage de ses banques moribondes, bourrées de créances douteuses, l’Irlande s’est résignée à accepter l’aide que l’Europe la suppliait d’accepter. Car s’il en allait de la survie de l’euro, en danger face aux craintes de contagion, il en allait tout autant de la santé des banques européennes, dont les bilans regorgent de dettes des pays de la périphérie de l’Europe.

 

Fort exposées, les financières belges se sont encore moins bien comportées que leurs consœurs. Le Bel 20, dont elles représentent près de 16 % de la capitalisation, a encore perdu 6,5 % en novembre. KBC et Dexia ont respectivement cédé 13,54 % et 11,8 %. Ageas, plombé par son exposition à BNP Paribas (-13,3 %) via son « option call » sur les actions du Français détenues par l’Etat belge, a dévissé de 20,3 %.
Alors que les marchés restent inquiets, les deuxièmes stress tests européens (qui seront menés au premier semestre 2011) constitueront une nouvelle échéance clé pour le secteur. La fébrilité irlandaise ayant complètement échappé aux stress tests de juillet, beaucoup trop conciliants (92 % de taux de réussite !), les prochains tests devraient être nettement plus sévères… avec à la clé beaucoup plus d’échecs et donc, de recapitalisations forcées.
A l’exception de KBC Ancora (-15,4 %) qui permet de profiter d’une décote élevée (34 %) sur KBC (conservez), nous restons soigneusement à l’écart du secteur bancaire.

  

Les secteurs mondiaux en un clin d’oeil (30/11/10)

Secteurs
(indices mondiaux) (1)

Evolution (%) sur (2)

P/E (3)

1 mois

1 an

5 ans

Financier

1.5

17.1

-3.5

13.4

Biens de consommation

5.7

36.6

6.6

17.3

Alimentation et boissons

4.4

31.6

9.5

17.6

Distribution

6.8

32.0

3.3

18.2

Santé & pharmacie

3.1

17.4

0.8

14.5

Pétrole & gaz

6.0

20.9

4.4

13.4

Serv. Aux collectivités

0.3

14.1

4.2

12.4

Chimie

6.3

41.8

11.8

18.1

Automobile

9.3

47.6

3.8

14.2

Sidérurgie, non-ferreux

6.3

31.0

13.0

18.3

Construction

3.8

19.5

2.0

15.4

Immobilier

2.5

30.3

0.8

16.6

Industries, services div.

6.3

38.9

3.9

17.3

Médias

2.5

37.2

-0.8

18.2

Voyages & loisirs

5.9

47.3

1.8

20.9

Opérateurs télécom

2.0

25.6

5.4

10.5

Haute technologie

5.7

29.6

1.8

16.8

  (1) Indices return Datastream; (2) en euro sur base annuelle;
  (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels).

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