Analyse
L’Australie boit la tasse il y a 6 ans - mercredi 26 janvier 2011

L’Est et le Sud-Est de l’Australie ont subi des précipitations diluviennes exceptionnelles. Les conséquences économiques ne seront pas insurmontables, mais ne sont pas à négliger.

 

Pays sous eau

Routes coupées, aéroports fermés, trafic ferroviaire à l’arrêt, activité portuaire perturbée, toute une région a été paralysée par le phénomène climatique ! Sur le plan économique, le secteur le plus touché sont les mines. La plupart de celles du Queensland sont inondées et il faudra au moins six semaines pour relancer l’extraction. 90 % des exportations de charbon à coke sont perturbés et des dizaines de bateaux attendent leur cargaison. Le secteur agricole subit aussi un grand manque à gagner. Enfin, l’activité touristique à proximité de la grande barrière de corail est mise entre parenthèses.

Croissance en baisse, inflation en hausse

La facture sera probablement la plus coûteuse qu’ait connu l’Australie. Les pertes varieront entre 10 et 20 milliards de dollars australiens, soit 1,5 % du PIB.
Après un troisième trimestre 2010 en demi-teinte (croissance économique de 0,2 % par rapport au trimestre précédent), il faut s’attendre à un net ralentissement de l’économie, voire à une croissance négative en ce début d’année. Ensuite, l’effet de rattrapage sera limité par des contraintes de capacité. Le secteur minier tournait déjà à plein régime pour répondre à la forte demande chinoise et il ne sera pas possible de rattraper la production perdue. Le secteur immobilier était déjà en plein boom. Des pénuries de main-d’œuvre pourraient freiner l’activité de reconstruction (taux de chômage : 5 % seulement).
Au final, si la croissance attendue en 2011 était initialement proche des 3 % comme en 2010, ce chiffre devra probablement être revu à la baisse. Par contre, l’inflation sera plus élevée, ne fut-ce qu’en raison de la hausse des prix alimentaires, suite à l’inondation des cultures.

Quelles réponses ?

Si les autorités ont les outils nécessaires pour répondre aux conséquences économiques (finances publiques saines, taux directeur à 4,75 %), il ne sera pas aisé de soutenir l’économie. Le ministre des finances a annoncé que le retour à l’équilibre des comptes publics ne serait pas postposé. La politique actuelle prévoit déjà d’importants investissements pour les infrastructures et les capacités productives. En faire plus déboucherait sur des gaspillages. D’autant que si les inondations ont créé un choc du côté de l’offre, la demande n’a pas changé. Renforcer celle-ci par des mesures budgétaires ne pourrait que déboucher sur des tensions inflationnistes.
Le même problème se pose pour les autorités monétaires. Pour freiner l’activité immobilière, menacée de bulle, et empêcher un dérapage des prix, elles relèvent régulièrement les taux d’intérêt depuis octobre 2009. A l’heure où les inondations accentuent la pression inflationniste, baisser le loyer de l’argent est impensable.

Vos placements

Même si les inondations ne remettent pas en cause le potentiel du pays, nous ne voyons pas de raison d’acheter des actifs australiens, sur lesquels nous avons d’ailleurs pris nos bénéfices en 2010. Bien sûr, la Bourse reste correctement évaluée et les obligations offrent un rendement plus élevé que la zone euro, mais la forte surévaluation du dollar australien face à l’euro reste dissuasive.

Il est encore temps de prendre ses bénéfices.

- Les sicav d’obligations en dollar australien ING (L) Renta Fund II AUD et
KBC Renta AUD-Renta ont gagné 24 % (en euro).

- La sicav d’actions SSgA Australia Index Equity Fund a gagné 19 % en euro. Vous pouvez toutefois éventuellement la conserver (max. 10 %) pour le long terme (20 ans) à condition d’accepter un risque plus élevé.

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