Analyse
L’inflation laisse la Banque d’Angleterre au pied du mur il y a 6 ans - mercredi 19 janvier 2011

Au Royaume-Uni, tout au long de 2010, l’inflation a été d’environ 3 %. Mais en décembre, elle a atteint 3,7 %. C’est loin de l’objectif des autorités de Londres : limiter l’inflation à environ 2 %.

 

Banque d’Angleterre : position délicate

Face aux mesures d’austérité mises en places par le premier ministre David Cameron avec, notamment, une baisse généralisée des dépenses publiques, le gel d’un bon nombre de projets d’infrastructure et le licenciement pur et simple de centaines de milliers de fonctionnaires publics, le Royaume-Uni doit trouver ailleurs les stimuli à son économie. La Banque d’Angleterre a dès lors utilisé toutes les armes dont elle dispose pour venir en aide à la croissance : elle maintient les taux directeurs à 0,5 % seulement, inonde le marché de liquidités et fait tourner la planche à billets, pour acheter de la dette du Trésor britannique et assurer à l’Etat un fonctionnement bon marché. Mais, si les taux très bas et le recours à la planche à billets ont permis d’affaiblir la livre anglaise, cet affaiblissement se traduit par une flambée de l’inflation.

Evitez les obligations

Pour l’instant, l’inflation ne pèse pas sur la capacité de la Grande-Bretagne à assurer son financement sur les marchés. Les rachats de bons du Trésor par la Banque d’Angleterre aidant, le pays se finance, à 10 ans, à 3,65 % seulement. Une bonne affaire pour le pays, qui bénéficie donc de taux d’intérêts réels négatifs. Mais une mauvaise affaire pour les investisseurs détenteurs de dette britannique qui voient leurs minces rendements érodés par l’inflation, tout en s’exposant à une livre affaiblie. Pour l’instant, les investisseurs accordent au Royaume-Uni le bénéfice du doute. Mais la hausse de la TVA intervenue en début d’année et la flambée récente des prix énergétiques pourraient bien pousser l’inflation plus loin encore. Toute inaction de la Banque d’Angleterre serait alors perçue comme une décision de laisser consciemment filer l’inflation, alors que toute hausse des taux directeurs porterait un coup important à une croissance encore faible. La tâche de la Banque d’Angleterre ne s’annonçant guère facile, nous restons à l’écart de l’obligataire britannique.

 

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