Analyse
L’inflation revient ! il y a 6 ans - mardi 25 janvier 2011

C’est par un chemin de traverse que les pressions inflationnistes sont revenues.

La crise aidant, l’inflation n’a plus fait parler d’elle depuis 2008. Végétant à de faibles niveaux, elle n’était plus la préoccupation majeure de nos dirigeants, trop occupés à sauver le système bancaire et gérer les dettes publiques. Mais, insidieusement, l’inflation revient. A 2,2 % en décembre dans la zone euro, elle est repassée au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE). Et à 3,7 % en Grande-Bretagne, elle semble y échapper à tout contrôle. De l’autre côté du globe aussi, les Chinois n’ont pu empêcher un dérapage des prix. Et en Inde, les autorités ne savent plus que faire pour gérer la crise de l’oignon, un des aliments de base des populations pauvres, dont le prix a doublé en quelques mois.

 

Comme en 2008, c’est par un chemin de traverse, longtemps abandonné, que les pressions inflationnistes sont revenues : celui des matières premières. Sans avoir atteint, pour l’instant, tous les sommets établis à l’époque, les prix du pétrole, du cuivre ou encore du blé ont connu une envolée ces derniers douze mois. La forte demande des pays émergents, Chine en tête, explique cette évolution.

Face à cette situation, les autorités monétaires européennes se trouvent encore plus démunies qu’hier. Relever les taux pour combattre l’inflation n’aura pas d’impact sur la demande et le prix des matières premières, mais pénalisera une seconde fois le consommateur en renchérissant le coût de la dette. Une hausse des taux fragilisera aussi un secteur bancaire convalescent ainsi que le financement encore difficile de certaines dettes publiques. Il est donc probable que la BCE devra s’accommoder d’une inflation plus élevée à l’avenir.

 

Pour l’investisseur, ce n’est pas une bonne nouvelle. L’inflation est ainsi l’ennemie jurée des obligations. Mais lorsqu’elle est alimentée par le prix des matières premières, elle n’est pas non plus l’amie des actions. Finalement, seuls le secteur des matières premières, l’or et les obligations liées à l’inflation peuvent protéger de la hausse actuelle des prix. Mais le premier est cher. Le métal jaune, quant à lui, convient seulement aux investisseurs acceptant le risque de fluctuations importantes.

 

Pour l’investisseur défensif, il reste donc les obligations liées à l’inflation, via une sicav spécialisée. Nous conseillons entre autres Amundi Euro Inflation Bond, BNPP L1 Bond Euro Inflation Linked ou KBC Bonds Inflation Linked.

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