Analyse
La semaine économique il y a 6 ans - mardi 8 février 2011

La BCE modère les attentes d’une hausse de taux, l’industrie américaine garde la forme et la Banque d’Australie se veut rassurante.

 

La BCE modère les attentes d’une hausse des taux directeurs

Lors de son dernier comité, la Banque centrale européenne a distillé un discours moins agressif que le mois précédent. Alors que les prix à la consommation affichent une hausse annuelle de 2,4 % en janvier, son discours à double sens (confiant dans la modération à venir de l’inflation et vigilant face aux pressions inflationnistes accrues) résulte selon nous de dissensions au sein du conseil des gouverneurs. La BCE hésite quant à la stratégie à adopter : entre une Allemagne en pleine forme et une Grèce en profonde récession, il est impossible de mener la politique adéquate pour tous. En outre, les derniers indicateurs économiques ne facilitent pas la tâche. Ainsi, le chômage est resté stable en décembre, à 10 % de la population active. Pourtant, sans amélioration sur le marché du travail, la consommation des ménages restera déprimée et ne viendra pas soutenir la reprise économique. De fait, pour la quatrième fois en cinq mois, le volume des ventes de détail a baissé en décembre (-0,9 % sur un an).



L’industrie américaine garde la forme

L’indice ISM manufacturier, qui reflète l’état de santé du secteur manufacturier outre-Atlantique, a augmenté jusqu’à 60,8 en janvier, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis 2004. Alors que 50 est la frontière entre expansion et contraction, un tel niveau annonce une forte croissance dans ce secteur. La production industrielle continuera donc de soutenir la croissance ces prochains mois et des embauches massives dans l’industrie peuvent même être espérées. De quoi dynamiser un marché du travail qui a bien du mal à décoller : après la création de 121 000 postes de travail en décembre, seuls 36 000 ont vu le jour en janvier. Mais il faut dire que les conditions climatiques étaient mauvaises. Par ailleurs, au-delà des créations d’emplois, plusieurs évolutions sont favorables à la consommation des ménages. Le nombre de travailleurs à temps partiel pour raison économique a ainsi baissé de 500 000 unités. Et le salaire horaire continue d’augmenter.



La Banque d’Australie se veut rassurante

Sans surprise, le taux directeur australien est resté inchangé à 4,75 %. Par contre, l’analyse conjoncturelle faite par la banque centrale en a surpris plus d’un. Alors que tous les analystes ont revu à la baisse la croissance australienne suite aux inondations, les autorités monétaires relèvent de 0,5 % leur prévision de croissance du PIB, à 4,25 %. Selon elles, la croissance sera dynamisée par la reconstruction des zones dévastées par les inondations, sans pour autant déboucher sur des pressions inflationnistes accrues. Ce scénario nous semble fort optimiste et nous n’y adhérons pas. Nous restons donc globalement à l’écart des actifs australiens.

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