Analyse
Catastrophe au Japon : impact pour l’économie nationale et mondiale ? il y a 6 ans - lundi 21 mars 2011

Croissance économique, déficits, devises, pétrole, secteurs d’activité, dans et hors des frontières… : le point sur les répercussions à attendre de la catastrophe du 11 mars.

 

Croissance : fonds publics à la rescousse

Dans l’immédiat, le séisme du 11 mars pèsera sans doute sur la croissance nipponne. L’arrêt d’unités de production affecte une partie de la production locale, l’infrastructure partiellement détruite et l’approvisionnement énergétique défaillant retarderont le retour à la normale. Mais comme lors des tremblements de terre de Kobe en 1995 et du Chili en 2010, l’économie japonaise devrait vite rebondir. Tokyo n’hésitera pas à investir en masse dans la remise à niveau de l’infrastructure. Aux 500 milliards d’euros de liquidités injectés par la Banque du Japon pour stimuler le crédit viendront s’ajouter des fonds publics. Les premières estimations pointent vers un coût de reconstruction de ±3 % du PIB. Largement financé par l’Etat, cet effort devrait permettre à l’économie de redémarrer dès l’été.

Déficit budgétaire et dette publique au sommet

Les déficits budgétaires pour 2011 et 2012, déjà estimés à plus de 7 % avant le séisme, devraient exploser. La dette publique, déjà de 200 % du PIB en 2010, devrait encore augmenter. Pour l’instant, son financement reste aisé : le réservoir d’épargne reste important malgré le vieillissement de la population et, craignant la déflation plus que l’inflation, la Banque du Japon peut faire tourner la planche à billets pour créer des liquidités et acheter une partie de la dette de l’Etat. N’empêche que la capacité de financement du Japon se dégrade. A l’avenir, elle dépendra de plus en plus des étrangers. Et il y a fort à parier que ceux-ci exigeront des taux plus élevés que les épargnants locaux.

Yen solide mais potentiel limité

Contrairement à la Bourse de Tokyo qui a chuté jusqu’à 18 % en quelques jours, le yen est stable face à l’euro et atteint des records historiques face au billet vert. Car si certains investisseurs étrangers fuient le pays, craignant une catastrophe nucléaire, les Japonais rapatrient leurs capitaux (les compagnies d’assurances, pour faire face à leurs obligations, et les entreprises et particuliers pour reconstruire). Le yen est proche de sa valeur d’équilibre face à l’euro et cher face au dollar; il devrait le rester dans l’immédiat et pourrait même s’apprécier si le spectre d’une catastrophe nucléaire est écarté. Mais à plus long terme, son potentiel nous semble limité.

Economie mondiale

Dans un premier temps, elle la crise nippone pèse sur le prix du baril de pétrole (la fermeture de cinq raffineries et d’une partie de l’industrie réduisant la consommation d’hydrocarbures). Mais dans les mois à venir, l’industrie devrait repartir. Et vu une partie des onze réacteurs nucléaires à l’arrêt risquent de le rester pour une durée indéterminée, le Japon, dépendant du nucléaire pour environ 25 % de ses besoins en électricité, devra trouver des alternatives. Elles passeront sûrement par le gaz et le pétrole. Le passage à vide du prix du baril pourrait donc n’être que temporaire.

La Chine devrait être parmi les pays les plus affectés par la crise nipponne. Avec l’arrêt partiel de l’industrie japonaise, les importations et exportations chinoises pourraient reculer et l’activité industrielle subir un léger passage à vide. Mais compte tenu du dynamisme de l’économie chinoise, l’impact global ne devait pas être important.

 

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