Analyse
Economie en surchauffe : danger ? il y a 6 ans - jeudi 10 mars 2011

Ces derniers mois, une crainte s’avive : celle de voir l’économie de divers pays émergents subir une surchauffe. Beaucoup d’investisseurs se font du souci. Mais qu’entend-on au juste par «surchauffe de l’économie» ?

 

Surchauffe

Ces dernières semaines, pas mal de sommes ont quitté les pays émergents. Les troubles dans les pays arabes sont pointés du doigt. Mais il semble que les motivations soient plutôt à chercher dans l’impression de surchauffe qui émane des économies émergentes (Chine, Inde Brésil). On évoque la surchauffe lorsque la croissance de l’économie est plus forte que la moyenne et que l’inflation s’emballe. En d’autres mots, les capacités de production et l’offre de biens et services ne peuvent plus suivre la demande. En réaction, les entreprises veulent produire plus et investissent dans leurs capacités. Cela faisant diminuer le chômage, les travailleurs deviennent plus exigeants et les coûts salariaux augmentent. Dans le même temps, la demande de matières premières, nécessaire à la production accrue, augmente aussi. C’est d’ailleurs ce phénomène qui explique en grande partie la forte hausse récente du prix des matières premières. Et c’est ici que le bât blesse. Avec la hausse de prix des matières premières, qui induit une forte inflation (laquelle est actuellement encore stimulée par la hausse du prix du pétrole), les autorités monétaires interviennent pour calmer le jeu.

Resserrement monétaire

L’impression de surchauffe dans les économies émergentes provient aussi de l’important afflux de capitaux étrangers (d’investisseurs à la recherche de rendements élevés), des mesures stimulantes des autorités et des largesses des banques prêteuses. Les pays précités connaissent dès lors une très forte croissance. La Chine, p.ex., a connu au dernier trimestre 2010 une croissance de 9,8 % par rapport à un an plus tôt et une inflation proche de 5 %. Des chiffres trop élevés. Aussi a-t-elle a pris bon nombre de mesures pour refroidir son économie. Par plusieurs fois, elle a relevé les obligations de réserve de ses banques (ce qui les force à prêter moins) et relevé ses taux d’intérêt. Et on peut s’attendre ces prochains mois à davantage de mesures. On ne peut exclure que les Bourses de ces pays connaissent des jours difficiles à court terme. Mais nous restons globalement positifs à plus long terme pour les investissements en Chine, en Inde, en Russie et au Brésil.


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