Analyse
Franc suisse : un havre de paix il y a 6 ans - jeudi 24 mars 2011

En période de turbulences boursières, les investisseurs cherchent souvent un havre de paix auprès du franc suisse. Pourquoi ?


Le malheur des uns…

Traditionnellement, le franc suisse se porte bien en cas d’incertitudes, qui incitent les investisseurs à se détourner des placements plus risqués. Ce fut notamment le cas lorsque la crise de la dette souveraine secoua la zone euro ou lorsque le prix du pétrole grimpa suite à des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Et ce fut le cas encore face à la crainte d’un accident nucléaire majeur au Japon. Ainsi, si les marchés sont inondés depuis quelques semaines de nouvelles néfastes pour l’économie, le franc suisse en profite pour s’apprécier face à l’euro. Alors qu’il y a un environ mois il fallait encore débourser 1,32 CHF pour s’offrir un euro, à l’heure où nous écrivions ces lignes, il n’en fallait plus que 1,28.

 

Historique

Le statut de havre de paix dont bénéficie le franc suisse ne date pas d’hier. D’un point de vue historique, le franc suisse s’est souvent avéré être une des devises les plus stables au monde, grâce à la politique monétaire très conservatrice du pays, qui garde toujours comme priorité le combat contre l’inflation, et grâce aussi aux grandes réserves d’or que détenait autrefois la banque centrale helvétique.

 

Fort et stable

Aujourd’hui encore, la Suisse est appréciée pour sa neutralité, la stabilité de son climat politique et sa solidité économico-financière. Le chômage y est limité à 3,6 % de la population active, la dette publique n’est que de 38 % du PIB (alors que bon nombre de pays de la zone euro dépassent leur norme de 60 %), les finances publiques sont quasi en équilibre. La banque centrale mène en outre une politique monétaire indépendante. Enfin, le pays bénéficie d’un climat favorable aux investissements et abrite de nombreuses multinationales très stables, telles que Novartis, Nestlé, etc. Une série de caractéristiques favorables, rares de nos jours dans un seul et même pays et particulièrement appréciables en temps d’incertitudes.
En revanche : les taux d’intérêt en franc suisse (facteur de poids dans une décision d’investissement dans une devise) ne sont pas très élevés. Le taux de référence est de 0,25 % et une obligation d’Etat à 10 ans n’offre que 1,90 %.

 

Revers de la médaille

Etre un havre de paix n’est pas toujours un avantage pour une devise et notamment pour une devise telle que le franc suisse, relativement petit face à l’euro, au dollar ou au yen. En cas de gros afflux de capitaux, la hausse de la devise est parfois trop rapide. Et une devise trop chère pèse sur les exportations (les biens et services vendus sont chers pour les étrangers). En 2009 et 2010, la banque centrale a tenté de calmer une appréciation trop forte, en vendant sa propre devise sur les marchés. Mais elle n’en a récolté que des pertes (et de violentes critiques).

 

Conclusion

Ces deux dernières années, le franc suisse s’est montré très fort face à l’euro (ainsi que face à d’autres devises). Sa progression a été de 20 %. Tant que les incertitudes économiques et géopolitiques demeureront, il affichera une belle résistance. Les obligations en franc suisse conservent donc une place dans les portefeuilles défensifs. Limitez-en toutefois le poids à 5 %, car la devise est devenue chère face à l'euro. Nous vous conseillons la sicav d'obligations KBC Renta Swissrenta.

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