Analyse
Dette européenne : la hausse se poursuit il y a 6 ans - mercredi 27 avril 2011

Eurostat a publié les données relatives à l’année 2010 en ce qui concerne le déficit et la dette publique en Europe. Des chiffres qui montrent que l’Europe peut mieux faire.

 

 

Croissance mais…

Certes, en 2010, la croissance a fait son retour. Le produit intérieur brut (nominal) a progressé de 2,6 % et se rapproche ainsi des niveaux de 2008. Mais cette progression a eu un prix : les budgets publics sont toujours largement déficitaires. Tôt ou tard, il faudra s’y attaquer.
En 2009, le déficit budgétaire pour l’ensemble de la zone euro était de 6,3 % du PIB. Pour 2010, il est encore de 6 %. Une réduction plutôt décevante donc.

 

Trop de mauvais élèves

Comme prévu, parmi les mauvais élevés de la classe on compte les trois pays ayant fait appel aux aides européennes (Portugal, Grèce, Irlande), ainsi que l’Espagne.
Pourtant, si le déficit irlandais (32,4 % du PIB) était prévisible (des sommes colossales ont été requises pour le sauvetage du système financier de ce pays), celui de la Grèce (10,5 %) et du Portugal (9,1 %) sont supérieurs aux premiers chiffres annoncés par Athènes et Lisbonne. De quoi décevoir les marchés, qui ont poussé les taux d’intérêts sur la dette de ces deux pays vers de nouveaux sommets. Quant à l’Espagne, malgré la multiplication des mesures d’austérité, elle affiche un déficit de 9,2 % du PIB. La France déçoit aussi : elle ne parvient pas à revenir sous la barre des 7 %.
Parmi tous les membres de la zone euro, seul le nouveau venu (l‘Estonie), est parvenu à équilibrer ses comptes ! La dette publique de la zone euro poursuit donc son ascension inexorable. En 2007, elle était de 66 % du PIB. Pour 2010, elle atteint 85,1 %.


 

A contrôler

La situation n’est certes pas dramatique si on la compare à la dette d’Etat du Japon, qui a dépassé les 200 % du PIB et à celle des USA qui atteindra cette année les 100 %. Une dette américaine grâce à laquelle l’euro est à la fête et atteint des sommets face au dollar (plus de 1,46 USD).
Néanmoins, face à l’actuelle démographie, plutôt défavorable, et l’arrivée à l’âge de la retraite de toute une génération de baby-boomers, ce serait le moment de strictement contrôler les budgets, pour réduire le fardeau des générations futures. Mais la dette ne cesse de s’alourdir. Pour l’instant, les taux d’intérêts directeurs (très bas), les colossales injections de liquidité par les grandes banques centrales et, dans certains cas, le rachat pur et simple de bons du Trésor par ces banques centrales, offrent un financement bon marché de ces montagnes de dette. Mais cela ne durera pas éternellement ((hausse des taux directeurs, fin des injections de liquidité et des rachats de dette). Les investisseurs demanderont de plus en plus pour financer les Etats et les taux d’intérêts grimperont, nuisant ainsi aux obligations existantes.

 

Miser sur la sécurité

Face au laxisme budgétaire de la zone euro, des USA et du Japon, les pays aux finances solides et à l’endettement réduit continueront de tirer leur épingle du jeu. Nous conseillons donc toujours l’achat des obligations d’Etat suédoises (obligations individuelles ou au travers de sicav, telles que ING L Renta Fund II SEK et KBC Renta Sekarenta) ainsi que les sicav d’obligations canadiennes (ING L Renta Fund II Canadian Dollar, KBC Renta Canarenta) et suisses (KBC Renta Swissrenta).

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