Analyse
Taux directeurs européens : hausse symbolique il y a 6 ans - mercredi 13 avril 2011

La Banque centrale européenne veut rappeler qu’elle ne laissera pas l’inflation s’emballer.

 

Après des mois à 1 %, un niveau historiquement bas, les taux directeurs européens atteignent désormais 1,25 %. A travers cette hausse avant tout symbolique, la Banque centrale européenne veut rappeler qu’elle ne laissera pas l’inflation s’emballer, même si les fragilités dans la zone euro l’obligent à conserver un loyer de l’argent très faible. Pour les prochains mois, nous prévoyons d’autres augmentations, mais n’attendons pas pour autant un brutal relèvement des taux, qui pénaliserait la reprise économique, toujours fragile.

 

Dans le cas présent, la hausse des taux directeurs n’aura que peu d’impact sur le coût du crédit, cette hausse étant déjà incluse dans les taux pratiqués. Le taux directeur correspondant au taux auquel les institutions bancaires se refinancent, les banques, et en particulier les banques des pays du sud, plus vulnérables, devraient toutefois en ressentir les effets. Mais nos prévisions en tiennent déjà compte.

 

Autre crainte, les anticipations d’un nouveau cycle de hausses ont entraîné un renchérissement de l’euro, qui pourrait pénaliser les exportateurs européens. Pas de quoi s’alarmer pour autant !

D’un autre côté, en effet, le niveau élevé de l’euro atténue, pour l’heure, l’augmentation des coûts de l’énergie et autres matières premières importées (dont les prix sont libellés en dollar). Enfin, le relèvement progressif des taux directeurs aura des répercussions sur l’évaluation des entreprises et sur le cours de Bourse des actions. Toutefois, nos évaluations se basent sur les rendements attendus à long terme. Si nous sommes attentifs à l’évolution des taux, c’est principalement parce que nous exigeons une prime de risque supérieure de 3 à 4 % aux taux à long terme (dont les taux directeurs sont une composante) pour vous conseiller des placements en actions.

Pas d’affolement, toutefois. Nos prévisions tiennent d’ores et déjà compte de la tendance haussière. Seule une brutale remontée des taux (scénario que nous ne privilégions pas) nous contraindrait à revoir nos estimations, voire notre évaluation des actions et des Bourses. Outre le niveau des taux, c’est bel et bien la croissance économique mondiale qui guidera l’évolution de nos prévisions.

 

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