Analyse
Terres rares : la Chine domine il y a 6 ans - jeudi 21 avril 2011

Avez-vous entendu parler des limitations à l’exportation imposées par la Chine sur les terres rares, des matières premières utilisées dans la fabrication de produits électroniques ? Pas un problème si la Chine n’était pas quasi le seul producteur de ces matières.

 

Pas si rare

Tout un chacun connaît les matières premières classiques telles que le pétrole, le gaz, l’or, le cuivre etc. Mais peu connaissent les terres rares ou Rare Earth Elements (REE) en anglais.


L’appellation terres rares concerne 17 matières premières, aux noms ronflants : scandium, cerium, europium, … . Contrairement à ce que laisse croire leur appellation générique, ces matières ne sont pas réellement « rares », mais elles ne peuvent être extraites de manière rentable que dans certaines parties du monde seulement. Toutes ces matières ont une constitution chimique similaire et se retrouvent dans les mêmes régions. Il s’agit de métaux utilisés dans diverses applications de haute technologie, comme notamment les missiles, les lasers, les aimants, les pièces pour les turbines éoliennes, ainsi que pour des composants électroniques utilisés notamment pour l’ iPhone et le Blackberry. Des matières dont on peut donc difficilement se passer à l’heure actuelle.

 

La Chine domine

Le gros problème de ces terres rares, c’est que 96 % de leur production sont réalisés en Chine (bien que le pays ne dispose que de 37 % des réserves prouvées). L’empire du milieu occupe dès lors une position à caractère monopolistique dans le secteur, qui lui permet d’influencer les prix, d’autant plus maintenant que la demande est supérieure à l’offre, suite à la hausse des applications et de la consommation chinoise.


Fin 2010, la Chine a décidé de réduire, dès début 2011, ses exportations de ces matières de 35 %. Le pays utilise ces métaux comme arme géopolitique. La crainte de pénurie a dès lors fait grimper les prix, de sorte que bon nombre de produits qui utilisent ces matières sont aussi devenus plus chers.


Spéculation

Suite à cette position de la Chine, on a vu renaître la recherche d’endroits où exploiter ces terres rares de manière rentable. De nombreuses mines fermées aux USA, en Australie, en Amérique du Sud, commencent une seconde vie. Les entreprises minières concernées (souvent très petites) et cotées en Bourse font aussi l’objet d’un regain d’intérêt. Il s’agit le plus souvent de sociétés en perte, toujours active dans l’exploration, et qui n’ont quasi pas de revenus.


Les actions de ces sociétés sont des titres très spéculatifs. Nous ne pouvons que vous les déconseiller.

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