Analyse
L’inflation menace l’Inde il y a 6 ans - jeudi 5 mai 2011

L’Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine, offre un potentiel économique énorme. Mais le voici une nouvelle fois rattrapé par le vieux démon qui contrarie depuis si longtemps son développement : l’inflation.


Vital

Limiter la hausse des prix est vital en Inde car tout renchérissement du coût de la vie devient rapidement insurmontable pour une large portion de la population, qui vit avec de très faibles revenus. Mais voici qu’en mars, l’inflation a atteint 9 %. Un niveau rejoint bien sûr en partie à cause de la flambée du prix des matières premières, pétrole en tête. Mais pas seulement : les lacunes indiennes en infrastructures accentuent le problème. Retardant ou empêchant parfois la distribution des biens de consommation, elles font grimper les prix.

 

Mauvaise surprise

A 9 %, la progression des prix dépasse nettement la barre de 5 % fixée par les autorités monétaires et est sensiblement plus élevée que la prévision de 8 % de la Banque centrale, dont la crédibilité est ainsi écornée. A défaut de pouvoir agir sur les lacunes structurelles du pays et sur le prix des matières premières, les grands argentiers indiens veulent dès lors montrer malgré tout leur détermination à contenir l’inflation. Ils accélèrent le rythme de l’ajustement monétaire, par une hausse de taux inédite depuis juillet 2008 : le principal taux directeur a été relevé de 0,5 %, pour atteindre 7,25 % (alors que les marchés tablaient sur une hausse limitée à 0,25 %, comme lors des huit ajustements réalisés depuis mars 2010).

 

Le prix à payer

L’Inde a choisi de ne plus tergiverser entre inflation et croissance. Contenir le dérapage des prix est sa priorité numéro un, même si c’est au détriment de l’activité économique.
Car de fait, la hausse des taux directeurs pénalise la croissance du pays. Les prévisions sont revues à la baisse par la plupart des analystes et même par les autorités monétaires.
Ces révisions et le renchérissement du crédit ont fait chuter la Bourse indienne : elle affiche un recul de 9 % depuis le début de l’année et de 17 % après conversion en euro.

 

Pour ceux qui osent

Les prochains trimestres s’annoncent difficiles. La Bourse indienne risque d’être encore malmenée. Mais ces turbulences ne modifient pas notre conseil : compte tenu de l’énorme potentiel du pays, les soubresauts à court terme seront largement compensés par la plus-value que devrait enregistrer le marché indien à long terme. Vous pouvez y investir au travers de la sicav Franklin India Fund A EUR. Mais compte tenu aussi des énormes défis que le pays doit relever pour exploiter ce potentiel, nous déconseillons cet investissement aux plus défensifs. Les autres peuvent y consacrer 5 % de leur avoir investi, avec un horizon de placement d’au moins 5 ans et idéalement de 10 ans et plus.

 

Retrouvez tous nos portefeuilles dans la rubrique stratégie portefeuille.

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