Analyse
Sortir de la zone euro : la solution pour la Grèce ? il y a 6 ans - mercredi 18 mai 2011

La Grèce est de nouveau dans le collimateur des marchés. Nouvelle aide européenne, restructuration de la dette, sortie de la zone euro :les paris vont bon train. Que se passerait-il vraiment si le dernier scénario l’emportait ?

 

Reprendre son sort en main ?

Pour la Grèce, appartenir à la zone euro a pour inconvénient que sa politique monétaire ne se décide plus à Athènes mais à Francfort. Une sortie de l’euro lui rendrait la maîtrise de sa politique monétaire. Comme la Banque d’Angleterre ou la Fed américaine, qui ont acheté massivement des bons d’Etat pour assurer le financement public de leur pays, la Banque centrale de Grèce pourrait aider son gouvernement, en achetant de la dette étatique grecque. Un retour à une monnaie nationale redonnerait aussi à la Grèce d’autres outils pour redresser son économie. Car aujourd’hui, seule une baisse des salaires permet d’améliorer la compétitivité (et cela ne portera ses fruits qu’à moyen terme). A court terme, le séisme social est total, avec des ménages déprimés et une activité économique encore plus fragilisée. Avec une monnaie nationale propre, la Grèce pourrait dévaluer sa devise, rendre les exportations moins chères et restaurer sa compétitivité, sans saigner ses travailleurs.

Traitement fatal

D’un autre côté, le retour à une monnaie nationale serait aussi douloureux pour l’économie et les finances grecques. Au-delà des problèmes légaux et pratiques, il paralyserait les flux financiers entre la Grèce et le reste du monde. Déjà incapable de se financer aujourd’hui malgré l’appartenance à une union monétaire solide, la Grèce y arriverait encore moins si elle cheminait seule. Même si elle devait dénoncer ses dettes du passé, qui voudrait financer un pays qui refuse de rembourser sa dette et affiche un important déficit public récurrent ?

 

Avec la désaffection des investisseurs pour les actifs grecs, la nouvelle monnaie s’effondrerait sur le marché des changes et l’avantage compétitif lié à la faiblesse de la devise serait annulé, du fait du renchérissement des importations. L’inflation échapperait à tout contrôle et frapperait les ménages. Une sortie de la zone euro provoquerait une faillite du système financier grec, un défaut de paiement de l’Etat et une récession profonde.

Mauvaise solution pour tout le monde

L’intégration européenne a renforcé les liens financiers et commerciaux entre les pays du Vieux Continent. Un cavalier seul de la Grèce aurait donc à coup sûr des répercussions sur le reste de l’Europe. Le défaut de paiement de la Grèce générerait non seulement de lourdes pertes pour les banques européennes, mais aussi pour la BCE qui a acheté des obligations grecques. Les gouvernements européens devraient renflouer les institutions financières en difficulté et recapitaliser la Banque centrale européenne. Quant aux sociétés qui exportent en Grèce, elles seraient doublement pénalisées, avec des factures impayées par leurs clients en faillite et la baisse de leurs ventes.

 

Ces conséquences (limitées vu la taille plutôt réduite de la Grèce dans l’espace européen) pourraient s’amplifier si d’autres pays lui emboîtaient le pas. Car comment croire que le séisme de la sortie grecque de l’euro pourrait épargner les autres pays européens fragiles ? Avec l’Irlande et le Portugal poussés à leur tour vers la sortie de la zone euro, les conséquences seraient décuplées. Et si la contagion devait se poursuivre pour conduire à la fin de la zone euro, tous les pays européens tomberaient en récession. Une perspective qui affecterait à son tour fortement les USA et conduirait à un ralentissement sensible de la croissance mondiale !

Question politique

La raison économique veut que tout soit mis en œuvre pour aider la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Il y va de l’intérêt de tous les pays et c’est ce qui a conduit l’Union européenne et le Fonds monétaire international à intervenir. Mais quels que soient les enjeux économiques, le destin de la Grèce dépendra surtout de décisions politiques. Et même si c’est une mauvaise solution, la lassitude populaire et politique pourrait pousser la Grèce vers la sortie de la zone euro.

 

S’il ne s’agit pas du scénario le plus probable, il faut savoir qu’il existe. Mettre tous ses œufs dans le même panier européen ne serait donc vraiment pas une bonne idée. Dans ces conditions, nous vous conseillons, pour la partie défensive de votre portefeuille, des sicav d’obligations émises dans des devises d’Etat aux finances publiques saines, mieux à même de traverser de possibles nouvelles turbulences. C’est le cas de KBC Renta Swissrenta, KBC Renta Decarenta, KBC Renta Sekarenta et KBC Renta Canarenta.


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