Analyse
Invitations à négocier des devises il y a 6 ans - mardi 28 juin 2011

Restez à l'écart des offres des brokers qui vous invitent à spéculer sur l'évolution des devises.


Je reçois régulièrement, par e-mail, des offres non sollicitées de brokers comme forex.com, AvaFx, fxcm.com, … qui m’encouragent à négocier des devises. Ils me font miroiter de jolis gains faciles à obtenir et m’offrent des formations de trading en ligne. Que penser de tout cela ? Est-ce intéressant ?

 

De quoi s’agit-il ?

Ces maisons de courtage en ligne vous font en effet miroiter de jolis gains à court terme et présentent la négociation de devises comme étant pratiquement un jeu d’enfant. Il n’en est rien !
Les marchés des changes sont très instables et réagissent à la moindre rumeur ou information, ce qui peut les rendre très difficiles à évaluer.
Quelque 1 000 milliards de dollars sont échangés chaque jour sur les marchés des changes et les cours fluctuent sans discontinuer du dimanche soir au vendredi soir. Pas facile donc, en tant que petit trader sans expérience, de se faire une place dans la mêlée et de deviner la bonne direction d’une devise par rapport à une autre en un temps qui plus est extrêmement court…

 

On ne peut toutefois pas parler, dans la plupart des cas, de sociétés louches. Il s’agit en effet le plus souvent de maisons de courtage qui ont déjà fait leurs preuves en matière de négociation en ligne de devises et ont des institutions financières pour actionnaires. Leur seul objectif est à vrai dire d’attirer un maximum de clients et de les inciter à négocier. Et comme la concurrence est rude, elles multiplient les invitations.
L’offre de formation au trading doit par contre être relativisée. Il ne s’agira le plus souvent que de quelques messages vidéo.

 

Pour mieux comprendre le mécanisme…

Imaginons que vous misiez sur une appréciation de l’euro par rapport au dollar. En souscrivant aux produits proposés par ces brokers, vous n’allez pas directement acheter de l’euro contre du dollar mais fixer combien vous allez gagner, ou perdre, à chaque variation de l’euro par rapport à un cours de départ. Vous pouvez par exemple fixer qu’à chaque variation de cours de 0,0001, vous gagnerez, ou perdrez, 1 euro. Ainsi, si le cours de départ s’élève à 1,4406 et qu’il vaut ensuite 1,4407 (traduisant une hausse de l’euro par rapport au dollar), vous gagnerez 1 euro. Bien sûr, si l’inverse se produit, si le cours passe à 1,4405, c’est 1 euro que vous perdrez. Les gains comme les pertes peuvent donc être très rapides et très élevés.

 

Imaginons que le cours passe à 1,4466 (+ 0,4 %). Dans notre exemple, cela fait un écart de 60 et vous aurez donc gagné 60 euros sans rien investir au départ. Le seul argent que vous devrez en effet immobiliser est une réserve de sécurité, qui servira de garantie au broker en cas de perte. Vous ne pourrez en effet jamais perdre plus que le montant de cette garantie. La garantie minimum est de 100 euros. Remarquez d’un autre côté qu’il suffira que l’euro baisse de 0,7 % par rapport à son niveau de départ (ce qui est très fréquent) pour que vous perdiez définitivement cette garantie de 100 euros. Vous avez dit danger ?

 

Restez à l’écart

Vous devez savoir que les plates-formes de ces courtiers actifs à l’échelle internationale ne vous permettront pas d’opérer directement sur les marchés des changes. En d’autres termes, vous n’achèterez pas une devise, mais parierez sur son évolution (à la hausse ou à la baisse) à travers des produits dérivés. Des produits qui, grâce à un effet de levier, démultiplieront les gains quand la devise évoluera dans le sens que vous aurez anticipé, mais provoqueront aussi des pertes importantes dans le cas contraire.

 

Nous déconseillons clairement de donner suite à ces propositions qui vous incitent à spéculer. Prévoir, au jour le jour, l’évolution d’une devise est en effet impossible. Seul un nombre limité de traders rusés et expérimentés sont d’ailleurs capables de tenir le coup sur les marchés des changes. Comment pourriez-vous dès lors avoir ne fût-ce que l’ombre d’une chance alors que vous ne disposez pas de l’expérience nécessaire, n’êtes pas dans une salle des marchés d’une banque et ne pouvez pas compter sur le soutien d’économistes et analystes ?

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