Analyse
Comment notre devise a-t-elle résisté au problème de la Grèce en juin ? il y a 6 ans - vendredi 15 juillet 2011

Le mois de mai avait été très mauvais pour l’euro sur le marché des changes. Mais en juin, notre devise a combattu.

 

Toujours gagnant

Après un mois de mai chahuté, l’euro a retrouvé en juin la forme par rapport aux autres devises, à l’exception de la valeur refuge qu’est le franc suisse (+0,4 %). La livre sterling surtout a perdu des plumes (-3,3 %), de même que la couronne suédoise (-2,8 %), ce qui a pénalisé les sicav obligataires dans ces deux devises.

Comment expliquer que l’euro, malgré les problèmes de la Grèce, se voie ainsi dérouler le tapis rouge ? Il y a certes les déboires économiques des autres, Etats-Unis en tête, mais on ne peut pas dire que tout aille sur un petit nuage rose en Europe. N’oublions pas le coûteux soutien à la Grèce et surtout la crainte que ce ne soit pas fini. La raison est c’est la Banque centrale européenne (BCE). Alors que son équivalente américaine a confirmé fin juin encore qu’elle n’avait pas l’intention d’augmenter ses taux directeurs du fait de la faiblesse de la croissance et de l’ampleur du chômage aux Etats-Unis, la BCE, elle, a laissé entrevoir le mois dernier qu’elle reverrait à la hausse ses taux directeurs (ce qui est fait à présent). L’inflation dans la zone euro (2,7 %) est supérieure à la limite qu’elle s’est fixée (2 %). Il faut peser sur les prix, donc augmenter les taux, ce qui rend toujours une devise plus sexy.

Les détenteurs de sicav d’obligations en dollars américains ont en moyenne perdu 1,2 % en juin. A cause du recul du dollar (-0,8 %) d’une part, à cause aussi de la légère remontée des taux. Une hausse des taux s’accompagne en effet toujours d’une baisse du cours des obligations existantes, provoquant des pertes dans le chef des sicav qui les ont en portefeuille.

Notre conseil

Nous craignons qu’à court terme le dollar ne baisse encore du fait de la différence de politique des taux de part et d’autre de l’Atlantique. De plus, les problèmes budgétaires des Etats-Unis n’arrangent rien.
Malgré la forte sous-évaluation du billet vert (plus de 20 %), nous vous déconseillons d’investir en sicav d’obligations en dollars américains.

 

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