Analyse
Crise des dettes souveraines : l’Europe a-t-elle trouvé la solution ? il y a 6 ans - lundi 25 juillet 2011

Ce 21 juillet, les dirigeants de la zone euro se sont retrouvés à Bruxelles pour discuter de la stabilité financière de la zone et du financement de l’aide à la Grèce. Mais le but était aussi d’éviter une contagion à l’Italie et à l’Espagne.

 

Circonscrire l’incendie

Initialement, les dirigeants européens n’excluaient pas de prendre tout l’été pour finaliser un deuxième plan de sauvetage de la Grèce, qui n’arrive pas à sortir la tête hors de l’eau. Mais les événements se précipitant, un sommet extraordinaire a été convoqué.

 

En effet, l’Italie, à la suite de tensions politiques internes, est entrée dans le collimateur des marchés. Et même si le pays a annoncé très rapidement un plan d’austérité, cela n’a pas modifié les choses : pour l’heure, si l’Italie peut toujours se financer sur le marché obligataire, c’est uniquement au prix de taux d’intérêt plus élevés. Ses taux à 10 ans ont atteint des sommets.

 

L’Espagne a aussi été prise dans la tourmente, à la suite du stress test qui a montré la fragilité de son secteur bancaire, et avec comme même résultat un envol des taux.

 

Arsenal de mesures

Les dirigeants de la zone euro ont pris plusieurs décisions pour surmonter la crise.

 

La dette de la Grèce continuera d’être intégralement couverte par un financement européen et du FMI, à des conditions particulièrement avantageuses. Les taux des nouveaux prêts seront de ±3,5 %, soit inférieurs à la plupart des taux des autres dettes étatiques de la zone euro. Le délai de remboursement des nouveaux prêts sera de 15 à 30 ans contre 7 ans et demi auparavant. Le même traitement de faveur est accordé à l’Irlande et au Portugal.

 

Poussé dans le dos par le monde politique, le secteur financier se dit prêt à soutenir la Grèce : les institutions financières se sont engagées à prolonger sur une longue période les obligations grecques qu’elles détiennent, à des conditions plus avantageuses pour la Grèce.

 

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) voit ses pouvoir renforcés : il pourra agir préventivement (et plus uniquement en cas de crise), recapitaliser des institutions financières ou intervenir sur les marchés obligataires.

 

Victoire sur le temps

A court terme, le financement de la Grèce est maintenant assuré, grâce aux mesures précitées. Cela devrait diminuer les attaques spéculatives et restaurer une certaine sérénité sur les marchés obligataires européens. Si de nouvelles tensions apparaissent, le FESF a désormais des armes pour réagir. Une relative accalmie devrait donc voir le jour sur le front de la dette étatique de la zone euro. Une période qui devrait être mise à profit par les institutions financières fragiles et par les gouvernements pour remettre de l’ordre dans leurs comptes.
– Au niveau des banques, les options prises pour la Grèce permettent de limiter et diluer dans le temps les pertes sur l’obligataire grec; la possibilité d’un financement public européen pour se recapitaliser éloigne d’autant plus le spectre d’une crise bancaire.
– Au niveau des pays, les mesures prises permettent de gagner du temps. Des pays comme l’Espagne ou l’Italie, qui n’ont objectivement aucun problème de solvabilité, pourront profiter du répit donné pour assurer les ajustements budgétaires nécessaires.

 

Mais fondamentalement, la situation de la Grèce n’a pas changé. Le nouveau plan européen s’attaque trop peu au cœur du problème : une dette trop lourde à porter, qu’il ne prévoit pas de réduire massivement. Même avec des prêts à taux zéro, la Grèce serait toujours en déficit et sa dette continuerait d’augmenter.

 

Zone euro sauvée ?

La réponse européenne à la crise n’a pas déçu. En donnant du temps aux pays de la zone pour résoudre leurs problèmes budgétaires et en s’offrant les moyens de faire face aux turbulences des marchés, les dirigeants européens ont renforcé l’union monétaire et éloigné le danger d’un éclatement de la zone. La monnaie unique devrait à présent être moins chahutée.

 

Le calme revenu sur l’euro n’est pas une raison pour omettre de diversifier la partie défensive de votre portefeuille. Dollar canadien, franc suisse, couronne suédoise et danoise y ont toujours leur place. Et si vous détenez des obligations grecques, la nouvelle aide européenne est une bonne nouvelle : vous pouvez à présent compter davantage sur le remboursement des titres arrivant à échéance l’an prochain et en 2013.

 

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