Analyse
L’économie américaine sans béquilles il y a 6 ans - lundi 4 juillet 2011

A l’heure où s’estompe l’effet des mesures de relance budgétaires et où se profile un retour à une politique monétaire plus classique, les nouvelles économiques aux Etats-Unis sont mitigées. Hasard du calendrier ?

Printemps décevant

L’économie américaine montre de nombreux signes de ralentissement depuis le début de l’année. La production industrielle stagne, les commandes de biens durables reculent et la consommation des ménages piétine. Côté emploi, 783 000 postes de travail seulement ont été créés entre janvier et mai, soit moins que les pertes subies sur le seul mois de janvier 2009, au cœur de la récession. A 9,1 % en mai, le chômage reste donc très élevé et est même reparti à la hausse ces deux derniers mois !
Plusieurs vents contraires peuvent expliquer ces évolutions conjoncturelles : phénomènes climatiques extrêmes ; perturbation de l’approvisionnement des entreprises suite à la catastrophe japonaise ; flambée des prix du pétrole et des matières premières avec rebond de l’inflation et réduction du pouvoir d’achat à la clé ; crise de la dette dans la zone euro brisant la dynamique positive des marchés financiers et entravant le rétablissement de la santé financière des Américains ; et retour à une politique budgétaire plus sage.

 

La fin du soutien budgétaire

Les mesures de relance américaines pour surmonter la crise ont été massives mais aussi, et surtout, inscrites dans la durée. Le déficit public américain a ainsi encore atteint 9 % du PIB l’année dernière, alors que l’austérité s’imposait déjà sur le Vieux Continent. Mais depuis l’automne dernier, avec la fin des mesures budgétaires, les dépenses publiques sont en baisse. Elles ont d’ailleurs enlevé 1,2 % à la croissance du 1er trimestre après avoir contribué positivement à l’activité économique en 2010. Et ce n’est qu’un début ! Car le déficit ne se résorbera que très lentement et la dette, déjà passée de 40 à plus de 100 % du PIB ces dernières années, va encore se creuser. Les discussions en cours entre Républicains, majoritaires à la Chambre des Représentants, et l’administration démocrate d’Obama à ce sujet sont d’ailleurs très vives. Néanmoins, comme ce fut le cas hier avec une politique monétaire extrêmement accommodante, les entreprises made in USA pourront toujours compter sur une Réserve fédérale bienveillante. Car même si celle-ci n’a pas lancé de troisième programme d’achats massifs de titres obligataires (de tels programmes visent à faire baisser les taux et maintenir le crédit bon marché), elle n’abandonnera jamais l’économie américaine au milieu du gué.

 

La politique du dollar faible

Dès le début de la crise, Barack Obama a désigné les exportations comme la solution à la récession. Et en effet, les ventes américaines à l’étranger ont bondi de 11,7 % en 2010 et contribué à près de la moitié de la croissance. Une tendance qui se poursuit en ce début d’année avec la hausse des exportations comme moteur n°1 de l’économie. Ce renouveau américain à l’international a été rendu possible par le boum du commerce mondial après l’effondrement de 2009 et l’action de la Réserve fédérale. Car si le bilan de la politique monétaire au niveau de l’emploi, de l’activité économique domestique et des marchés financiers est certes discutable, la Fed a atteint un objectif certes officiellement inavouable mais crucial : affaiblir le dollar sur le marché des changes. En recourant massivement à la planche à billets, la Réserve fédérale a en effet affaibli le billet vert pour soutenir les ventes américaines à l’étranger. L’évolution du dollar face à l’euro en est la plus belle illustration : pendant que la crise de la dette minait la confiance des investisseurs dans l’euro, la monnaie unique s’est en effet pourtant appréciée de 20 % par rapport au dollar depuis juin 2010. Bien sûr, un dollar faible ne suffira pas à lui seul à assurer une forte croissance pour l’économie américaine qui devrait donc progresser à un rythme modéré ces prochains trimestres. Mais il s’agit d’un facteur-clé pour la santé des entreprises exportatrices. Car avec des salaires stables qui permettent de contenir les coûts et des investissements limités, cela leur permet de préserver les bénéfices.

 

Incontournables actions américaines

Même si l’évolution conjoncturelle outre-Atlantique n’est pas des plus favorables, les actions américaines n’en restent pas moins intéressantes du fait du dynamisme et de la compétitivité des entreprises ainsi que de leur orientation à l’exportation. Cette opportunité est du reste encore plus forte pour l’investisseur européen, avec un dollar nettement sous-évalué et un marché boursier américain presque bon marché. Les actions américaines peuvent donc représenter de 15 %, pour les investisseurs plus défensifs, à 30 % du portefeuille, pour les plus dynamiques. Vous pouvez aussi investir à travers une sicav d’actions américaines, notre préférence allant ici à KBC Index United States, SSgA US Index Equity ou Columbia Securities (coté à Amsterdam ; NL0000440709). Enfin, si vous êtes plutôt fan de trackers, nous vous conseillons iShares S&P 500 (IE00B4L5ZD99), également coté à Amsterdam.

 

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