Analyse
Avis de tempête en plein mois d’août il y a 6 ans - jeudi 4 août 2011

Les nuages s’accumulent à l’horizon de l’économie mondiale.


USA

Au début de ce mois, l’accord atteint aux USA pour le relèvement du plafond de la dette était censé rassurer les marchés. Mais, s’il éloigne le danger de défaut de paiement immédiat, il ne rassure pas quant à la capacité de Washington à assainir ses finances. Aussi, si Moody’s a confirmé sa note AAA pour les USA, elle a aussi réaffirmé ses perspectives négatives pour la dette américaine. Si rien ne change, la note des USA sera dégradée !

 

Pour ne rien arranger, la conjoncture n’est pas plus rassurante. Le chiffre de croissance économique américaine du premier trimestre a été revu à la baisse (à 0,4 %). Celui du deuxième trimestre est peu enthousiasmant (1,3 %). Et l’activité stagne, les dépenses des ménages ont baissé en juin et le marché de l’emploi tarde à se ressaisir.

 

L’économie américaine restant morose et dépourvue des stimuli fiscaux (par manque de moyens), c’est vers la Réserve Fédérale que se tournent les regards. Mais comment intervenir encore sur des taux qui sont proches de zéro depuis fin 2008 ? Il faudra donc vraisemblablement retourner à la planche à billets. Une perspective qui affecte le dollar.

 

Europe

C’est en Europe que la situation est la plus détériorée. Moins de deux semaines après la signature de l’accord qui devait régler la crise de la dette souveraine, l’Italie et l’Espagne sont dans le viseur des marchés. Leurs taux atteignent des sommets historiques (elles paient respectivement plus de 6,2 % et 6,4 % sur leurs emprunts à 10 ans). En cause, les montants insuffisants à la disposition du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Censé résoudre les problèmes de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et prêter assistance aux secteurs bancaires de pays tels que l’Espagne ou l’Italie, il ne dispose que de 440 milliards d’euros. Les marchés se méfient dès lors à nouveau, craignant pour le survie de l’euro.

 

Les refuges

Face aux déboires des deux grandes devises mondiales, l’or et le franc suisse atteignent de nouveaux sommets. La Banque Nationale suisse, exaspérée de voir son franc culminer et rendre son économie moins compétitive, a porté ses taux directeurs encore plus près de 0 % et inonde le marché de liquidités.

 

Vos placements

Dans une telle situation, nous ne pouvons que conseiller les placements en devises de pays disposant de finances saines. Mais le franc suisse, largement surévalué face à l’euro, n’est plus digne d’achat. Orientez vous plutôt vers la couronne suédoise (finances saines, économie dynamique) et le dollar canadien (richesse en matières premières et en énergie, situation fiscale assez saine). Des devises qui, à défaut de donner des rendements élevés, offrent un peu de sécurité à un portefeuille obligataire diversifié.

 

Consultez aussi notre sélecteur d'obligations et notre stratégie de portefeuilles.

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