Analyse
Crise des dettes souveraines : stop à l’improvisation ! il y a 6 ans - jeudi 29 septembre 2011

Il est temps de prendre des mesures courageuses.

La crise des dettes souveraines dégénère tous les jours sans qu’une solution de long terme se dessine. Elle affecte le moral des consommateurs, des chefs d’entreprise et des investisseurs qui se désengagent des actifs les plus risqués. Ces derniers jours, le FMI et la Banque mondiale ont exprimé sans langue de bois leurs craintes quant à l’évolution des économies de la zone euro. Les clignotants sont encore à l’orange, mais il ne faudrait pas grand-chose pour qu’ils basculent dans le rouge en 2012 et l’économie dans la récession.

 

La gravité de la situation demande donc des mesures courageuses, rapides et concertées au niveau des décideurs politiques. Nous en sommes loin, en témoigne la cacophonie d’il y a dix jours lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro en Pologne. L’Europe continue d’hésiter quant à la façon de résoudre la crise de la dette grecque. Estimant que le sauvetage de la Grèce leur coûtera plus qu’une crise, les pays du nord de l’Europe rechignent à mettre la main à la poche. Les autres nations, plus exposées aux pays fragiles comme l’Italie et l’Espagne, estiment qu’elles ont trop à perdre à laisser tomber la Grèce. Ces intérêts divergents ont paralysé la prise de décision.

 

Second défi majeur pour nos décideurs : le secteur bancaire. A divers degrés, le secteur bancaire européen n’échappera pas au renforcement de ses fonds propres pour amortir de nouvelles réductions de valeur sur les titres de la dette grecque. Si l’Europe n’arrive pas à démontrer son aptitude à gérer avec méthode le dossier grec, nous parions sur des heures difficiles pour les autres pays fragiles de la zone euro comme le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et l’Italie. Un secteur bancaire mieux capitalisé assurera sa survie, permettra d’éviter un resserrement du crédit et soutiendra la croissance. Quant aux modalités des levées de fonds (Etat, Fonds européen de stabilité….), le brouillard est opaque. Sur cette question aussi, un plan clair de sortie de crise est nécessaire pour apaiser les marchés. Car plus le temps passe, plus la note sera salée. Recapitaliser les banques et les fixer sur le montant des pertes à enregistrer constitueraient selon nous un début de sortie de crise.

 

Nous avons bien conscience qu’une solution simple n’existe pas ou que les risques ne peuvent être maîtrisés rapidement. Mais il grand temps de mettre fin à l’improvisation et aux dissensions qui dominent dans les capitales européennes et qui plombent chaque jour les marchés.

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