Analyse
Le Danemark, si loin, si proche il y a 6 ans - mercredi 12 octobre 2011

Petit pays de l’Union ayant préféré rester en dehors de la zone euro, le Danemark a beau être épargné par la tempête de la crise de la dette, il n’en partage pas moins les déboires économiques de l’Europe. Mais sa devise reste une alternative intéressante.

Economie déprimée

Disposant d’une économie très dépendante du commerce extérieur du fait de l’étroitesse de son marché intérieur, le Danemark a été durement touché par la crise de 2008, d’autant que l’éclatement de sa bulle immobilière en 2007 n’avait pas encore fini de déprimer la demande intérieure. Résultat, son PIB, après une contraction de 1,1 % en 2008, a encore fondu de 5,2 % en 2009 ! Et même si l’économie s’est redressée l’année dernière, la reprise a été plutôt modeste (+ 1,7 %) en raison de la consommation atone des ménages et de la réduction des investissements par les entreprises.

 

Aujourd’hui, l’économie danoise reste fragile, le marché immobilier local n’a toujours pas digéré les excès du passé et la conjoncture internationale se détériore. C’est du reste cette faiblesse économique qui explique la défaite, après dix ans au pouvoir, de la coalition de centre-droit lors des dernières élections.

Changement politique

La majorité parlementaire est dorénavant détenue par une coalition de centre-gauche. Sa première mission consistera à restaurer la confiance des Danois, mise à mal par la crise de leur modèle de flexicurité, combinaison de facilités de licenciement et d’importantes indemnités de chômage. Le chômage a ainsi fortement augmenté avec la récession, mais n’a pas reculé avec la reprise. Inquiets, les ménages sont donc prudents et le taux d’épargne n’a jamais été aussi élevé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Une fois cela fait, la nouvelle équipe pourra passer à ses promesses de campagne : relance de l’économie, augmentation des dépenses publiques dans les infrastructures, la santé et l’éducation. Seulement, les partis de la nouvelle coalition ne partagent pas tous la même vision. Des divergences existent sur de grands dossiers, comme la réforme des retraites. La tâche s’annonce donc ardue… A l’inverse, l’orthodoxie budgétaire n’est pas remise en cause et restera une priorité.

 

Solidité budgétaire

Avec un déficit de 2,6 % du PIB en 2010 et une dette publique équivalant à 43,7 % du PIB, le Danemark présente une des situations budgétaires les plus solides de l’Union européenne, et ce n’est pas le changement politique qui la modifiera. Le nouveau pouvoir a aussi précisé que cela serait financé par une hausse de la fiscalité sur les banques et les revenus les plus élevés, ainsi que par une augmentation d’une heure de la semaine de travail.

 

Le Danemark n’entend donc pas trop déroger à son habituelle prudence budgétaire et comme par le passé, le déficit public actuel ne peut être que transitoire, en attendant une reprise plus vigoureuse de la croissance.
Il ne faut pas oublier en outre que dans l’espace européen, le Danemark est, après la Finlande, le pays qui avait dégagé le surplus budgétaire le plus important en 2007 et 2008, avec des comptes en boni de 4,8 et 3,2 % du PIB !

 

Outre cette solidité budgétaire, l’autre atout du Danemark pour l’investisseur est sa stabilité monétaire. Copenhague n’a certes pas adopté l’euro, mais fait partie du mécanisme de change européen depuis 1998. Les fluctuations de la couronne par rapport à la monnaie unique sont donc limitées à 2,25 % de part et d’autre du cours pivot de 7,46038 couronnes pour un euro. En calquant sa politique monétaire sur celle de la Banque centrale européenne et en procédant aux interventions requises si nécessaire, la Banque nationale du Danemark est garante de cette stabilité du taux de change.

 

Alternative utile

Solide et sans risques de change, la couronne danoise est une alternative intéressante à l’euro. Si la crise de la dette trouve un épilogue heureux, un placement en couronne ne souffrira pas d’une remontée de l’euro. Et en cas de scénario catastrophe (l’éclatement de la zone euro par exemple), la devise danoise devrait tirer son épingle du jeu. Il n’y a donc pas de raison de refuser cette petite diversification bien utile. Les obligations en couronne danoise représentent 5 % de nos portefeuilles défensifs à 5 et 10 ans. Jouant la sécurité, nous préférons les emprunts d’Etat danois aux emprunts privés en couronne danoise, par exemple au travers de la sicav KBC Renta Decarenta.

 

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